OLD DOMINION BACKROADS un livre de JONATHAN CAMELIQUE
Le livre de Jonathan Camélique est disponible en édition de collection, imprimé sur un papier semi-mat 170 g, numéroté et signé par l’auteur. L'édition de collection est imprimée en France et envoyée par nos soins dans un très beau papier de soie bleu cacheté.
Format 21 x 15 cm (format cahier). 98 pages. 57 photographies. Couverture 400 g semi-mate. Papier intérieur 170 g semi-mat.
Il y a une route et des photos dont les marges cadrent les espaces traversés, fixent les escales, l’étrangeté d’un monde qui semble si proche et si lointain. Au fil des images, au-delà du voyage, une signature photographique se devine, se dessine, finit par s’affirmer. Il y a une première lecture qui confirme la cohérence du travail et le regard du photographe. Vient enfin le travail de la mémoire qui associe les éléments vus et pousse à parcourir de nouveau le travail non à la recherche du récit photographique, mais de l’ « Histoire » que l’artiste réussit à photographier.
L’éditeur
Nota : Une coquille de mise en forme a échappé à l'ensemble de l'équipe, graphiste, éditeur, correcteur et auteur. Elle nous a naturellement sauté aux yeux à la réception de l’ouvrage. Nous vous prions de bien vouloir nous en excuser. Cela n’arrive « jamais » ...
L'INTERVIEW DE JONATHAN CAMÉLIQUE
Comment vous est venue l’idée de ce travail, dans quel contexte a-t-il été réalisé, sur combien de temps ?
Eh bien, l’idée s’est imposée par elle-même, sans que je la cherche vraiment. En 2018, je suis allé en Virginie pour la première fois, à l’occasion d’un concert auquel je participais. C’est là que j’ai rencontré plusieurs artistes qui sont devenus par la suite des amis proches. J’y suis finalement retourné cinq fois. À chaque voyage, j’en ai profité pour explorer l’État en long et en large, toujours avec mon appareil photo sous la main. À ce moment-là, je ne pensais pas du tout à un projet et photographiais ce qui attirait mon regard, un peu comme un touriste curieux.
C’est seulement lors de mon dernier voyage, en 2025, que les choses ont pris forme. En replongeant dans mes archives sur place, j’ai commencé à voir une sorte de fil rouge entre les images prises sur plusieurs années. Il y avait une narration qui se dessinait naturellement et j’ai alors décidé de prendre les deux semaines qu’il me restait sur place pour me consacrer uniquement à la photo et compléter ce récit de manière plus intentionnelle.
Au total, j’ai passé un peu plus de deux mois en Virginie, répartis sur sept ans. Ce qui m’a marqué, c’est tout ce que j’ai découvert grâce à mes amis : leurs histoires, les lieux qu’ils m’ont fait découvrir… J’ai été frappé par cette autre facette de l’Amérique, loin de l’agitation des grandes villes. Un endroit où le temps semble ralentir, où les paysages respirent. J’ai eu envie de mettre en lumière cet État qu’on connaît peu, mais qui offre énormément à ceux qui prennent le temps de l’explorer.
Avez-vous fait ce travail dans l’optique d’aborder une thématique particulière ? Si oui, comment l’avez-vous choisie ou comment s’est-elle imposée?
Non, je ne suis pas parti avec une thématique en tête. Elle s’est dessinée peu à peu, au fil des kilomètres parcourus. La vérité, c’est que la Virginie est un État très rural, encore profondément marqué par son histoire. Dès qu’on quitte les grandes villes, qui ne sont pas si grandes en réalité, on se retrouve très vite en pleine campagne, dans des endroits où le temps semble s’être arrêté.
Là-bas, on ne croise pas les mêmes visages que sur Sunset Boulevard ou la 5e Avenue. On rencontre une autre Amérique, plus discrète, plus ancrée dans ses traditions. Il y a d’ailleurs quelque chose qui rappelle un peu le sud-ouest de la France, peut-être à cause du passé français de la région. Les gens sont chaleureux, ils viennent spontanément vers vous si vous semblez perdu, ils prennent le temps de discuter. Dans les petits restaurants, les serveuses vous appellent « Honey », ce qui surprend au début, mais qui finit par résumer la douceur de vivre qu’on ressent sur place. Les gens sont curieux, ils vous posent des questions sur la France, sur votre vie là-bas. Il paraît que ça s’appelle « l’hospitalité du Sud », et c’est quelque chose que j’ai vraiment ressenti. Sans m’en rendre compte, c’est cette atmosphère que j’ai eu envie de capter à travers mes photos, d’abord pour ne pas l’oublier, puis pour la partager.

