CAROLINE HENRY
Les étendues intermédiaires
Au creux de l'espace qui se cache entre les images gît une substance discrète, invisible à l'œil nu, que la photographie argentique divulgue.
Avec un appareil brut, un jouet, sans réglages, c'est le corps qui prend naturellement les commandes.
Un geste, et tout le spectre visible se concentre dans la brume d'une spontanéité. Les parts visuelle et intentionnelle se détachent. On rejoint les plages du ressenti.
À la prise de vue, sur le négatif, deux, trois ou quatre déclics, se fient aux éléments, à la matière, au hasard d'une déambulation.
Superpositions d'expériences, mémoire fondue, pour glisser grâce aux ressorts de l'émulsion de l'autre côté du monde.
C'est l'intervalle entre les images qui dessine de nouveaux territoires, ces étendues inédites qui interpellent l'imagination, où finalement il y a plus à projeter qu'à voir.
Au-delà du visible, en Normandie, en tous lieux, je cherche les traces d'un paysage intérieur, peut-être même antérieur.
Caroline Henry
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