DERNIER VOYAGE, un livre de MICHEL CLAVERIE
Le livre de Michel Claverie est disponible en édition de collection, numérotée, imprimée sur un papier 170 g, couverture pelliculée mate 400 g.
Format 21 x 15 cm. 104 pages. 28 photographies et textes.
L'édition de collection est imprimée en France et envoyée par nos soins dans un très beau papier de soie bleu cacheté
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Thot, Dieu du Savoir et Protecteur des Scribes.
Qu’est-ce que le voyage ?
La certitude que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes.
Sylvain Tesson
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L'INTERVIEW DE MICHEL CLAVERIE
Pourquoi un livre sur Pierre Loti ?
Ma rencontre avec Pierre Loti, de son vrai nom Julien Viaud (1850-1923), ne relève nullement du hasard.
C’est en grande partie la découverte de la demeure de l’auteur, habituellement désignée comme « La maison de Pierre Loti », qui m’a guidé dans les pas de l’homme. Officier de marine, dessinateur de haut vol, écrivain élu à l’Académie française en 1891, mais aussi photographe, Loti a transformé sa maison natale en une sorte de réceptacle et d’écrin pour les souvenirs et les objets qui lui permettaient, lorsqu’il le désirait, de retourner vers ses ailleurs, ses horizons lointains. Quiconque se passionne pour les voyages et la littérature ne peut rester insensible à un tel lieu.
Ce qui j’ignorais alors, c’était la filiation de mon parcours personnel non pas avec lui mais avec son frère Gustave (1836-1865). Ancien élève moi-même de l’Ecole de Santé Navale (Bordeaux), quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le frère de Loti, chirurgien de Marine lui-même, également dessinateur et photographe, emporté bien trop jeune par la maladie au large du Sri Lanka, aurait pu être l’un de ces voyageurs romantiques à l’origine de mes choix professionnels !
La boucle de la fratrie Viaud s’étant ainsi refermée avec mon installation en Charente-Maritime, Pierre Loti devint un véritable sujet.
Comment est né le désir de livre ?
Le désir du livre Dernier voyage est né avec la découverte du travail d’un personnage important, Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931). Il fut choisi par Albert Kahn pour ses qualités de photographe à l’autochrome, pour participer au projet gigantesque nommé par le philanthrope Les Archives de la Planète. Ami de Pierre Loti à qui il fera découvrir le « miracle de la couleur », Jules Gervais-Courtellemont prit l’initiative de partir sur les traces de Loti en Orient, pour ensuite organiser à Paris de nombreuses conférences associant ses propres photographies à la lecture des textes de Pierre Loti. Un siècle plus tard, la même motivation guida mon projet : faire dialoguer une série photographique avec les écrits de Pierre Loti, en l’occurrence son livre La Mort de Philae (1909).
Vous dites : « C’est l’écriture qui m’a amené à la photographie. » Pour vous, la photographie est-elle le prolongement de l’écriture ?
Mon sujet originel d’écriture fut jusqu’ici la transmission de la mémoire de la déportation dans les camps nazis. Je m’étais aperçu que photographier les camps ne me convenait pas. En tant que photographe, je m’y trouvais de trop. Mais lorsqu’en 2015 est né le projet Traces, j’ai compris que l’écriture ne suffirait pas. Il s’agissait de refaire le parcours d’une marche de la mort du printemps 1945 à partir de documents historiques et de témoignages de rescapés. Dans l’espoir de faire acte de témoignage, un carnet de voyage mémoriel en découla, incluant les récits des survivants et donc des photographies, même si le temps ayant fait son œuvre, il ne s’agissait plus de retrouver des traces des évènements meurtriers mais plutôt de convoquer la mémoire des traces. De mon point de vue, la photographie ne prolonge nullement l’écriture. L’image est là, en soi, capturée ou pas. Elle existe par elle-même. L’associer à l’écrit dans ma pratique équivaut à retrouver les lieux, pour confirmer qu’ils existent. Les photographier équivaut à rapporter des pièces à conviction. Pour ne pas oublier.

