VALERIE KAGY
Enfant, je me sentais différente… Silencieuse, j’observais le monde et très vite, je l’ai observé à travers l’objectif de l’appareil photo offert par mon père. Ainsi, je guettais des petites choses ou des grandes émotions pour me délecter et me dire : ça y est ! C’est dans la boîte ! La photographie de rue a été comme une évidence pour moi, créant cette proximité avec les gens et les situations pour y puiser la tonalité émotionnelle de chacune de mes journées.
Les rues du monde entier m’attirent, les petites comme les grandes, celles qui partagent les lieux et les histoires des personnes dans des contextes et des cultures variés, celles qui entremêlent les lignes et les couleurs, la lumière et les ombres. Mon plus grand plaisir est de m’étonner moi-même de la beauté des émotions que je capture, de guetter et mettre en avant les expressions, les gestes et les détails que nous ne voyons plus dans ce monde qui court à cent à l’heure et qui racontent les histoires de ces rues, de ces gens.
Franco-vietnamienne, résidant en Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique, j’aime donner une dimension ethnosociologique à mon travail photographique pour documenter, comprendre et témoigner de la richesse des différents univers où je vis, où je voyage. Je joue artistiquement avec chacune des atmosphères que l’homme crée avec son milieu… et je me nourris avec extase de cela.
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La rue est un théâtre en pérpétuel mouvement, une scène où la vie file à toute vitesse. Pourtant, au coeur de cette effervescence, il existe des instants suspendus, des émotions furtives qui méritent d’être figées avant qu’elles ne disparaissent. A travers mes voyages et mes errances photographiques, je traque ces éclats de vie, ces fragments d’histoires qui émergent dans le flux de la vie. Ce projet est une tentative de capturer l’indicible : ces secondes où le chaos s’apaise, où un regard, un jeu d’ombres, un éclat de lumière ou une ligne parfaite viennent sculpter un instant unique.
Mon approche repose sur un équilibre entre instinct et composition. Loin d’une simple captation du réel, mon travail s’attache à transformer la rue en un espace de narration visuelle où l’émotion rencontre l’esthétisme. La lumière devient un langage à part entière : parfois tranchante et contrastée, elle sculpte les visages et les silhouettes ; parfois douce et diffuse, elle enveloppe la scène d’une mélancolie fugace. L’ombre, quant à elle, apporte une profondeur dramatique, révélant autant qu’elle dissimule.
Les lignes, les reflets et les couleurs participent également à cette mise en scène impromptue du quotidien. Une géométrie stricte peut enfermer un personnage dans un cadre oppressant, tandis qu’un enchevêtrement de formes et de teintes crée une dynamique qui accentue l’énergie du moment. Chaque image est pensée comme une composition graphique où la spontanéité de l’instant cohabite avec une recherche esthétique affirmée.
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