top of page

PHILIPPE ROUSSEL

Quand j’étais enfant, il y avait un rituel que j’adorais par-dessus tout : plonger dans les vieux albums photos avec ma grand-mère Emilienne. Ces reliques du passé, aux pages épaisses et jaunies, dégageaient une odeur singulière, un mélange de papier vieilli et de souvenirs intacts.
Ma grand-mère les ouvrait délicatement, ses doigts ridés glissant sur les couvertures en cuir usé. À chaque page tournée, un pan de son histoire se dévoilait. Je restais émerveillé devant ce papier aux bords dentelés, parfois un peu gondolé, livrant ces images d’un autre temps, en noir et blanc, s’affirmant dans leur netteté ou se dérobant parfois au regard présent, floues, presque fantomatiques.
Les yeux brillants, je l’écoutais, captivé, tandis que mon imagination cheminait, reconstruisait ces instants mystérieux.
Des années plus tard, ma compagne, elle-même photographe, me mit son appareil photo numérique entre les mains, ce fut une véritable révélation qui allait se transformer en passion au fil des années.
J’affectionne particulièrement la nature, essayant d’en sublimer la beauté. Pour cela, la forêt et l’océan font partie de mes terrains de jeu favoris. 
Je photographie régulièrement les forêts landaises ou j’aime saisir les lumières estompées par les brumes de l’aube, ainsi que les dunes et plages océanes sculptées par les éléments. J’accorde un travail particulier sur la douceur des tonalités et sur les compositions souvent épurées.
Je ne dédaigne pas pour autant la photo urbaine, aimant jouer avec la lumière, les contrastes et les ombres, les lignes et les symétries, saisir des scènes drôles, touchantes ou romantiques.
La recherche et l’expérimentation ont une place importante dans mon approche actuelle. J’explore différentes thématiques, jusqu’à ce qu’une série d’images cohérente se dégage.

_________

« Impermanence »

Le vent qui nous a amené là,
Marcher beaucoup, souvent.
Et quand on marche, capturer ces images beaucoup, souvent.
La poussière, la forêt, le soleil, la ville, les brumes, le temps sur les gens Et puis les lignes, beaucoup les lignes :
Les chemins, les droites blessées, les sillons, les murs, les rides, les possibles croisements.
Toutes ces présences qui sans cesse font, défont et refont le courant
Tenter de saisir quelque chose de ce qui déjà n'est plus là Juste pour le plaisir de la déambulation, du nulle part à-priori Mais qui à un moment rencontrera et glissera,
Vers la joie du corps pris dans la douleur et la beauté.
Du vent du constant changement,
Qui nous a amené là
Nous a appris, fait grandir, usé, rendu amoureux Minable, incandescent, invincible.
Et puis qui un jour, nous reprendra Vie



Add a Title
Add a Title
Add a Title
Add a Title
Add a Title
Add a Title
tk-21_logo.png

bottom of page