NICOLAS LESPAGNOL

Le réel
Je ne m’échappe jamais du « réel » qui est l’essence de la photographie. Une photographie trop transformée devient une « peinture ». Il me faut trouver l’extraordinaire dans le réel normal, « l’extraordinaire normal ». Je limite la part de subjectivité qui, je pense, perd de sa force au fil du temps. Rien ne doit être caché au spectateur. C’est à la fois la contrainte et la force de ce médium si « brut de décoffrage ».
Le lien avec la peinture abstraite
Je souhaite retrouver mes émotions issues de la « peinture » dont le champ d’expression est le plus large, le plus neuf et plus expressif des arts visuels, et tellement toujours d’actualité. Pour cela, il me faut dépouiller le plus possible la photographie de l’impression de réel qu’elle apporte tout en conservant ce réel brut. M’abstraire, décaper la photographie de tous les aspects comme le temps, la profondeur, l’espace, le haut et le bas, la masse et le poids des choses. La lumière est la plus uniforme possible. Cette recherche d’abstraction doit aussi permettre d’éliminer au maximum le sens que la situation pourrait apporter. Il ne me reste ainsi que la Nature. Pour éviter ma peur de la désuétude, je poursuis le général, supprime donc l’instant, recherche la permanence, l’essence des choses (immuables). L’instant capté peut être extraordinaire, merveilleux. Mais il peut être tout aussi fortuit, parfois même accidentel, donc loin de la permanence. Il me manque l’instant d’avant et celui d’après la prise de vue. Retirer le sens, les idées, qui finissent par des comparaisons même minimes, et aussi des jugements qui alourdissent. Les personnes, objets, situations, constituent un « évènement », la partie documentaire. S’il subsiste une partie de mystère ou d’incompréhension dans l’image même si sa composante documentaire est forte, je peux l’aimer. Sinon, il me faut une image sans aspect documentaire.

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