MARIE SUEUR
Je suis née au Cameroun, ma sœur est née au Tchad et mon frère au Maroc. De cette enfance nomade, j’ai gardé le goût de la découverte, des rencontres, de l’inattendu, de la liberté. Mais aussi le goût de l’imaginaire et des récits.
Photographe autodidacte, je m’intéresse aux émotions et à l'inconscient. Des sujets, par essence, insaisissables. Mes photographies n’ont pas pour but de donner une représentation stricte du réel mais de suggérer ce qui n’est pas visible : le poétique, le métaphorique.
L’expérimentation fait partie intégrante de ma pratique artistique qui peut être qualifiée de «plasticienne». Je ressens le besoin d’ajouter des éléments physiques (broderie, volume, carton, encre, etc.) à mes photographies, peut-être afin de donner plus de « matérialité » à ces œuvres dont les sujets sont insubstantiels.
En 2025, mes photographies ont été présentées au festival « Are you experiencing » du Havre, au VIF Vincennes Image Festival de Vincennes, à la galerie « House of Lucie » d’Athènes, à la « Quinzaine Photographique Nantaise, au «PhotoMonth London» à Londres, au festival « Out from the mist » à Brisbane (Australie) et aux « Regards croisés » de Phot’Aix à Aix-en-Provence. Cette même année, j’ai été lauréate du prix « Out from the mist », du prix « Discovery of the year » des «International Photography awards» et finaliste du prix de la Quinzaine Photographique de Nantes.
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Murmures de l’âme
Dans un monde qui surveille, analyse, contrôle tout, je suis fascinée par les zones d’ombre, les poches de mystère que même les technologies les plus avancées ne peuvent encore coloniser.
Parmi ces territoires incontrôlés : ceux des rêves, vaste continent d’ambiguïtés et de vertiges, qui murmure ses vérités dans le langage des symboles et des songes.
J’ai souhaité explorer cet espace mental où le rationnel cède la place à l’instinctif. Ces territoires où les mots vacillent et où l’image prend le relais.
Une errance visuelle à travers des fragments de mémoire, des intuitions floues, des émotions enfouies, pour tenter de capter non pas une réalité brute, mais une vibration silencieuse, une trace d’ombre ou de lumière que la conscience peine à nommer.
Une invitation, non pas à comprendre, mais à ressentir.
Une plongée dans ce que nous sommes, au plus secret de nous-mêmes.
Et si c’était cela, la dernière liberté ? Un espace où l’on ne décide pas, où l’on ne maîtrise rien. Un lieu indomptable, où l’on cesse de paraître pour simplement être : confus, incohérents, vivants.
Note technique : certaines photographies de la série sont brodées au fil doré (DMC diamant).
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