LUDOVIC AUBRESPIN

Intrigué par nos façons de vivre la ville, les campagnes abandonnées ou au contraire les paradis touristiques, je photographie la transformation par l’homme de notre espace en territoire et donc l’évolution de nos modes de vie.
Titulaire d’une agrégation d’histoire et de géographie, je suis particulièrement attaché à la vision de l’espace. J’ai ainsi, pour des raisons professionnelles, été en poste dans divers pays, enseignant dans les lycées français depuis 1992 : Bolivie, Ile Maurice, Burkina Faso, Vanuatu, Maroc, et aujourd’hui Turquie, où je réside depuis six ans. Cette expatriation m’a permis d’avoir un regard extérieur sur un espace qui devient peu à peu familier.
La photographie m’accompagne depuis toujours, mais ce n’est que depuis quelques années que j’ai choisi d’en faire mon moyen d’expression privilégié.
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Incek, une ville à la campagne.
« On devrait construire les villes à la campagne, car l'air y est plus pur ! »
Citation attribuée à Alphonse Allais.
Incek est un quartier périurbain de la capitale turque Ankara. Cette capitale d’un pays émergent connaît une évolution rapide, une attraction démographique importante, une expansion urbaine fulgurante. Incek apparaît ainsi comme un laboratoire urbain où des gratte-ciels apparaissent à la campagne réalisant l’aphorisme attribué à Alphonse Allais.
Au-delà de l’aspect documentaire et de la tradition des news topographics qui se focalisent sur des photographies réduites à l'état de simples documents topographiques dépourvus de toute émotion, j’ai essayé au contraire de présenter un désordre qui est la rupture d’un ordre conventionnel.
Ma recherche photographique porte ainsi sur l’univers urbain en mutation constante. L’espace d’hier et celui de demain s’entremêlent pour former celui d’aujourd’hui. Rien n’est figé, rien n’est à sa place, créant ainsi un désordre dans un espace que l’on attend naturellement ordonné par l’architecture et l’urbanisme.
Ainsi ma photographie insiste sur un ordre apparent au premier regard, celui d’un espace familier que l’on reconnait immédiatement. Pourtant très vite, on ressent un malaise car les choses ne sont pas comme elles devraient être, elles ne sont pas « à leur place ». Les tours côtoient les champs de blé, les herbes galopantes envahissent les cours d’école, les ruines urbaines et les gravas jonchent le sol au pied des nouvelles tours. L'espace rural vide du plateau anatolien participe également de l’émotion ressentie. Le paysage urbain est aussi un paysage rural.

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