LAURENCE PARYZAK
Je suis enseignante à Lyon, passionnée de photographie depuis toujours.
De 1988 à 1999, j’ai suivi plusieurs formations et participé à des stages aux Rencontres d’Arles. J’ai obtenu un diplôme de photographe et je me suis passionnée pour le noir et blanc argentique, que je développais et tirais moi-même.
J’ai animé des ateliers photographiques pour mes élèves, les guidant dans la construction et l’utilisation de sténopés en carton, et les initiant au laboratoire noir et blanc.
De 1996 à 2000, j’ai également travaillé comme photographe de mariage.
Ces dernières années, j’ai renoué avec mon désir d’explorer les chemins de la photographie d’auteur et j’ai suivi plusieurs workshops (Jean-Christophe Béchet, Marie Sordat).
J’ai présenté plusieurs photos et séries lors d'expositions collectives : à Paris et Rouen (2024), Lyon, Seyssel et Glasgow (2025), Le Havre et St Genest Lerpt (prévus en 2026).
La photographie occupe une place centrale dans ma vie, j’utilise ce médium pour interroger ma sensibilité et partager des voyages intérieurs. Mes images naissent souvent d’une expérience intime. Mes travaux questionnent les peurs et espoirs qui nous traversent, les blessures invisibles, les processus de résilience et la force de vie.
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A L’ARRIÈRE DES BERLINES
Traverser un territoire.
Traverser des états d’âme.
Regard perdu à travers la vitre.
Plonger en soi.
Laisser émerger les monstres.
Passager immobile à l’arrière des berlines.
Que reste-t-il de ces traversées ?
Des empreintes intimes.
Des pylônes électriques qui ponctuent l’espace par-delà le temps.
Cette série saisit des souvenirs de trajets familiaux à l'arrière des berlines, qui questionnent mon enfance et mon adolescence, territoires intérieurs peuplés de fantômes.
Les paysages silencieux défilaient, les heures s’étiraient. Un autre voyage commençait, un voyage au fond de soi.
J’en ai gardé une fascination pour les pylônes électriques, compagnons éphémères d’émotions surgies, éprouvées puis enfouies.
Des années plus tard, j’ai exploré la mémoire des chemins parcourus, des fêlures révélées au fil du temps et de l’espace, au fil des lignes électriques qui tissent une toile de résonances intérieures.
Le réel, capté par un sténopé numérique, dévoile des souvenirs de peurs et d’inquiétudes sourdes, des marques laissées par des blessures intimes.
Les images évoquent un temps devenu flou et distordu, des réminiscences d’expériences émotionnelles brouillées, estompées, silencieuses.
D’anciennes photographies de mon enfance, figures d’insouciance disparue et de traumas invisibles, se superposent aux paysages actuels et aux pylônes qui ponctuent cette histoire. Chaque image devient un passage vers la résilience, une invitation à découvrir l’espace fragile entre ce qui disparaît et ce qui subsiste.
Ce travail photographique introspectif, réalisé en France en 2023, est une immersion dans la mémoire et la fragilité d'une identité en construction, une tentative de transformer les ombres du passé, de donner corps à ce qui s’efface.
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