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JEAN-PAUL BRAUD

Photographe autodidacte, je suis né, vis et œuvre dans la région d’Aix-en-Provence.
Issu du monde du cinéma professionnel, mon travail photographique en porte l’empreinte par une attention portée à la lumière – ou plutôt son absence - et au récit silencieux de l’image.
Ma démarche s’articule autour de plusieurs axes : percevoir l’invisible dans le visible, saisir l’imperceptible à travers le perceptible, dévoiler l’équilibre niché au cœur du déséquilibre.
Adepte d'une photographie lente et contemplative, j’alterne entre procédés argentiques et numériques, petits ou grands formats, à l’intérieur de paysages naturels ou urbains dans lesquels j’aime me perdre de jour comme de nuit.

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Fragments d'un atlas 
Note d'intention

«Fragments d'un atlas», est né des obsessions qui parcourent mon travail photographique depuis longtemps: la trace, l'absence et la fin.
En explorant la notion de trace, il ne s’agit pas simplement de capter des marques physiques ou visibles, mais d’interroger ce qui persiste dans le silence, ce qui s’efface lentement, ce qui échappe à l’œil mais imprègne la mémoire. Dans ma démarche, elle devient le signe ténu d’un passage, d’un corps, d’un esprit, d’un espace, d'un inconnu, d'un certain ou d'un incertain. 
C'est ce questionnement qui me hante depuis toujours. Non pour exhumer le passé, mais pour mettre en abîme ce qui fut, ce qui ne sera plus et reste ancré au fond de nous, au service de ce qui est, de ce qui sera peut-être ou ne sera pas.
La solitude, omniprésente dans les images, ne se donne pas comme une mise en scène de l’isolement. Elle est au contraire une figure de l’attention. En me retirant de l’agitation, même au milieu du tumulte, en me détachant du flux, en me plongeant dans les paysages urbains ou naturels, je choisis la lenteur, 
la contemplation, le surgissement, l'éblouissement. 
Les lieux désertés, les choses oubliées, les silhouettes absentes sont autant de voies d’une recherche sur le chemin de mon apaisement. Ils suggèrent une présence, une densité du vide.
À la fin, photographier, c’est toujours lutter contre la disparition, contre la fin. Mais c’est aussi reconnaître que cette lutte est vaine, et que c'est précisément de cette vaine tentative que peut sortir la poétique. 
La photographie devient alors un rituel fragile, incertain, cherchant à trouver cet espace flottant entre deux points d'équilibre. Mes images évitent le spectaculaire. Elles privilégient l’épure, la matière, les textures de l’oubli, ou du souvenir. Le grain, les flous participent de cette esthétique de la disparition. Chaque image est un espace flottant, ouvert sur une indicible douleur, la mienne, la vôtre, la nôtre.
« Fragments d'un atlas » s’inscrit dans une réflexion sur le monde : celle qui interroge la trace comme énigme, la solitude comme une épreuve de l’être et la fin comme source de beauté tragique.



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