ERIC PETR

Mon travail photographique est une réflexion sur l'essence de la lumière. Il interroge sur le fait que notre observation imposerait certaines limites à notre perception de la réalité. Il montre la fragilité et la beauté de la vie.
Je compose mes couleurs, je dessine mes formes et je fais vibrer des lueurs que j'extrais d'endroits éternels pour écrire à partir de ce crayon de lumière des histoires célestes de mondes invisibles sur mon négatif ou mon capteur.
Mon écriture est directe. Elle naît de la rencontre d'un instant fixé sur le fil de l'intemporalité entre l'homme et l'univers.

Je suis né en Provence et je vis à Marseille.
Très jeune, mes photographies, variations de lumière et de matière, parlent de notre relation à l’univers. 
Mes choix esthétiques se sont tout d'abord orientés vers des compositions minimalistes et des tirages monochromes. 
Pour autant, l'avènement du numérique au début des années 1990 a marqué pour moi, un moment de questionnement et d'interrogation. Une rupture avec la photographie s'imposa et cela me laissa le temps de reconsidérer ma relation à l'image et à l’appareil photographique.
En 2003, le désir de créer à nouveau des photographies pour saisir l’intemporel, s’est tout à coup imposé à moi.
Depuis 2013, je m'exprime en tant qu'artiste. 
C'est à partir de l'année 2016 que mes efforts ont commencé à être récompensés par des expositions et la réalisation d’un livre d’auteur aux Éditions Corridor Éléphant.
Aujourd’hui, je travaille à cette réflexion sur la lumière avec une écriture très contemporaine de l’image.
Je suis ouvert à tout projet artistique, d’exposition ou pour toute commande personnalisée.
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地電流 (tchi den ryū) en japonais, veut dire Courant Tellurique.
Ces images parlent donc de ces énergies qui circulent sur la Terre. Un courant induit par les variations du champ magnétique terrestre. Des énergies qui sont plus ou moins présentes selon les endroits sur terre.
L'Archipel du Japon, situé sur la Ceinture de Feu à l'intersection de plusieurs plaques tectoniques fait partie de ces lieux où leurs présences, bien qu'invisibles, sont dans tout ce qui structure le Pays. Ses chaines volcaniques, ses sources thermales, ses régulières secousses terrestres, ses tsunamis terrifiants en sont les éléments les plus visibles. Mais le peuple même s'est modelé à cette présence et la civilisation a dû s'organiser avec ces éléments naturels indomptables. Les japonais ont su améliorer leur sécurité avec d'immenses digues, des tours pouvant résister à des séismes terribles mais ils ont aussi su en tirer partie pour leurs loisirs, avec les Onsen (bains thermaux), des plats que l'on cuisine au bord des volcans et toute l'activité liée à cette énergie tellurique. Le peuple japonais s'est si bien adapté à ses éléments naturels depuis la nuit des temps, que même son mode de pensée s'est accordé avec la nature. C'est ainsi que la forme du shintoïsme est née, cette religion où l'on considère Dieu immanent à la Nature. La manière même de vivre des japonais en société répond de cette énergie dynamisante et à la fois destructrice.
Ces images qui ont été réalisées au cours de différents voyages au Japon, où l'on y distingue le Mont Fuji 富士山, la Skytree de Tōkyō スカイツリー, la ville de Tōkyō, des Temples ou encore des paysages, veulent témoigner de cette présence indiscernable que l'on peut ressentir au Japon mais aussi de la matérialisation de cette énergie tellurique. Et c'est précisément cette vibration sourde, indicible qui fait du Japon ce qu'il est, à la fois mystérieux et fascinant. Or si l'on s'accorde à écouter plus qu'à s'exprimer alors, on pourra percevoir ces forces invisibles.

Contexte
Même si mes photographies peuvent être reconnaissables dans leur forme, c'est cette forme que je sublime pour l'utiliser comme matière d'un discours visuel. Il ne s'agit donc pas de chercher à reconnaitre ce qui a été photographié mais plutôt à écouter l'histoire de ce que cette étrange photographie tirée d'un fait commun peut nous extirper de sa vision familière.
Il y a l'arbre que l'on voit simplement, composé de bois pour faire du feu, et ce que l'arbre nous raconte de la nature et des mondes. Ma photographie va dans ce second sens.

Procédé technique
Les photographies ont été prises avec un appareil photographique numérique Nikon Df, monté de vieux objectifs Nippon Kogaku, un choix délibéré qui, grâce à une technologie très simplifiée et avec le moins de filtres possibles, pourra approcher au plus près l'âme des photons.
Il n'y a aucun post traitement appliqué à mes images. Elles sont capturées en pose Bulb en une seule prise de vue et ce n'est que mon ressenti qui décide du temps de pose. 
Il s'agit de l'enregistrement de vibrations ressenties sur un capteur numérique (ou film lorsque j'utilise un appareil argentique) pour restituer un spectre non visible.

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