BERNARD JOLIVALT
Je suis né à Paris 13ème le 19 décembre 1948.
Ma vie s’est partagée entre l’écriture et la photographie. Après une phase littéraire et quelques années de route en Afrique et en Asie – ainsi que quelques emplois comme chef de labo noir et blanc –, c’est finalement la photographie qui l’a emporté. J’ai travaillé en indépendant de 1977 à 1984 pour la presse et l’édition. En 1979, j’ai été lauréat de la Bourse Larousse des Jeunes Reporters-Photographes Professionnels.
Après une période informatique dans divers magazines, la création d’un magazine de simulation de vol, l’écriture et la traduction de livres, je suis revenu à la photographie au début des années 2000.
J’ai écrit à ce jour 27 ouvrages sur la photographie, essentiellement techniques, mais aussi artistiques comme Maîtriser la composition photographique édité en 2023 par First, et j’en ai traduit près d’une centaine. J’ai collaboré régulièrement pendant dix ans avec les magazines Le Monde de la Photo et Profession Photographe. Je pratique de longue date l’exploration urbaine (publication aux éditions Dunod, en 2018, du livre Toute la photo de rue).
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Le projet que je propose dans la thématique Réalité(s) révèle une forme d’infra-réalité au travers d’un regard porté sur d’infimes détails sans importance relevés au hasard de mes déplacements, mis en résonnance avec des textes dont une majorité est à connotation situationniste.
Je m’intéresse en effet depuis des décennies à ce qui fut « le plus politique des mouvements artistiques et le plus artistique des mouvements politiques » selon la formule de Laurent Choulet, citée dans son ouvrage L’insurrection situationniste. Le projet |photo|situ| repose sur la dérive, une errance urbaine en « se laissant aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent » ainsi que le décrit Guy Debord, l’un des fondateurs de l’Internationale Situationniste, dans son article intitulé Théorie de la dérive. Il s’agit d’une manière de parcourir une ville sans but ni itinéraire en se laissant porter, pour un photographe, jusqu’aux lieux où déclencher s’impose avec une indiscutable évidence.
L’Internationale Situationniste fut, le temps de sa brève existence (1957-1972), un mouvement d’avant-garde dénonçant la société du spectacle, la marchandisation globale. Elle fut le précurseur, dans sa dénonciation, de ce qui régit le monde d’aujourd’hui d’une manière éclatante et morbide. Le projet |photo|situ| ne vise pas à exposer cette aliénation, mais seulement ses scories.
Une version courte de |photo|situ|, concentrée sur les « images + textes » les plus forts et les plus significatifs, se trouve sur mon site. À la fin de la série, un lien donne accès à la version complète qui compte à ce jour 132 photos.
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