AMAURY WENGER
Amaury Wenger a étudié l'architecture à Paris et à Berlin. La découverte de l'art de la construction et de ses dimensions historiques, sociales, scientifiques, techniques et esthétiques marque le début de sa pratique artistique.
Wenger considère le potentiel cognitif de l'art visuel comme un accès immédiat à des contextes complexes, difficilement saisissables de manière intuitive. À travers plusieurs séries, il se consacre à différentes questions théoriques qu'il examine dans le cadre d'une recherche artistique. Wenger trouve des correspondances esthétiques pour des impulsions scientifiques, philosophiques, épistémologiques et historiques. L'œuvre elle-même se fond alors dans sa structure de composition et de couleur.
Essentiellement abstrait, son travail reste néanmoins ouvert et accessible. La réduction d'un thème à son essence ne sert pas seulement à mieux l'illustrer, elle permet aussi d'accéder à l'esthétique de manière intuitive. Les formes géométriques élémentaires sont souvent utilisées pour offrir au regard un espace de calme et lui permettre de se concentrer sur l'essentiel.
Ses travaux photographiques, primés à plusieurs reprises et présentés dans toute l'Europe, interrogent les changements dans la relation entre le passé et le présent, ainsi que la manière dont l'architecture nouvelle et historique devient un espace de vie et de travail conçu par et pour les humains.
Amaury Wenger vit et travaille à Vienne.
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Noir & blanc, pour mémoire...
Cette série photographique, proposée pour l'appel à participation de Corridor Elephant sur le thème "Noir et blanc, pour mémoire...", explore la dimension mémorielle de l'architecture à travers le prisme du noir et blanc. S'éloignant des vues d'ensemble conventionnelles, Amaury Wenger se concentre sur les détails architecturaux, les textures, les jeux d'ombre et de lumière, transformant le bâti en compositions abstraites et graphiques.
Le choix du noir et blanc n'est pas anodin. Il dépouille l'image de la distraction chromatique, révélant les lignes, les formes et les contrastes avec une force accrue. Cette esthétique intemporelle confère aux photographies une dimension mémorielle, évoquant les clichés d'archives et les souvenirs imprégnés dans notre perception des lieux. Le noir et blanc agit comme un filtre temporel, transcendant l'instant de la prise de vue pour inscrire l'architecture dans une temporalité plus vaste, celle de la mémoire collective.
L'approche de l'artiste, influencée par sa formation d'architecte, révèle une sensibilité particulière aux qualités intrinsèques des matériaux et à la manière dont la lumière sculpte les volumes. Ses photographies ne se contentent pas de documenter l'architecture ; elles l'interprètent, la réinventent, en extraient une poésie visuelle qui invite le spectateur à une contemplation méditative. Chaque cliché devient une trace, un fragment mémoriel d'un espace, suggérant une histoire, une atmosphère, une émotion.
En explorant les détails et les vues abstraites, l'artiste nous invite à porter un regard neuf sur notre environnement bâti. Il nous rappelle que la mémoire des lieux ne réside pas seulement dans les monuments emblématiques, mais aussi dans les détails les plus infimes, les textures discrètes, les jeux d'ombre fugaces. Ces fragments, capturés en noir et blanc, deviennent les porteurs d'une mémoire collective, une mémoire qui se niche dans les interstices de notre perception et qui ressurgit au gré des regards.
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