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Architecture dans un camp de migrants en France : La "Jungle de Calais" 

La « Jungle de Calais » est une expression désignant les camps de migrants et de réfugiés installés depuis 2000 aux abords de l'entrée française du tunnel sous la Manche

La plupart sont des migrants qui tentent de pénétrer sur le territoire du Royaume-Uni en passagers clandestins. Parmi ces gens se trouvent des réfugiés et des demandeurs d'asile essentiellement en provenance d'Afghanistan, du Darfour, de Syrie, d'Irak et d'Érythrée.

 

Les conditions de vie et d'hygiène dans les différents camps composant la jungle sont mauvaises et s'apparentent à celles d'un bidonville. L'architecture y est sommaire, les maisons sont en carton.

Les bidonvilles sont-ils une forme exemplaire d’urbanisme ?

Pour les urbanistes et architectes, les bidonvilles sont devenus des chances urbaines, les laboratoires de la ville de demain. Dans ces zones chaotiques à forte densité urbaine, on expérimente, on cherche des modèles urbains, avec pour seule contrainte, la simplicité. Dans ces marges urbaines, on n’a plus rien à perdre, donc on peut tout construire.

 

Pour diverses raisons, le modèle urbain développé au cœur des bidonvilles serait un échantillon de ville durable. En effet, les habitants se déplacent à pied, faute d’infrastructures assez larges pour accueillir le passage de véhicules motorisés. Les enfants jouent dans les rues. Dans ces espaces surpeuplés, les défis de la densité urbaine sont depuis longtemps en cours de résolution. Telles des tiny house, les constructions sont optimisées et les espaces de vie adaptables et multifonctionnels. Les espaces publics sont vraiment publics et pour tous. Dans le bidonville indien de Dharavi, on se marie dans les rues, avec les voisins. Faute de services publics, on nettoie devant chez soi. L’intensité de cette ville est liée à la porosité entre espaces publics et espaces privés. Quand quelque chose se casse, on le répare ensemble dans des logiques fortes de recyclage. Des systèmes d’entraide sont développés. Des économies locales se créent, de telle manière qu’aujourd’hui, les slums indiens dégagent de l’argent. De plus en plus, ces espaces sont donc perçus comme la ville durable, à la fois piétonne, écologique, participative et recyclable.

 

 

Le lundi 24 octobre 2016, commence le démantèlement de la "jungle". 

Mais le mercredi 26 octobre, scènes d'apocalypse, la Jungle de Calais s'est embrasée. Dans un sifflement, troué des bruits d'explosion de bouteilles de gaz, un gigantesque brasier ravage le camp. D’immenses colonnes de fumée se sont élevées, soulevées par des flammes impressionnantes.