EN EXPOSITION DANS CE NUMÉRO :

Photographe depuis 2012, j'ai dans un premier temps travaillé comme photojournaliste pour l'agence SIPA à Grenoble. Aujourd'hui, photographe associée dans un studio laboratoire grenoblois, je réalise souvent des prestations de portraits. Pour mes travaux personnels, j'aime à m’immiscer discrètement dans la vie de personnes singulières et anonymes.

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« Je ne suis pas un homme, je ne suis pas une femme, je suis moi »

Voilà comment se détermine Valérie, femme transgenre.
Refusant de devoir choisir la case M ou F, Valérie s'afrme M to Me (de Mâle à Moi).

Rencontrée au hasard d'une soirée organisée pour la communauté LGBT Sans Papiers de Grenoble, je fût troublée par la prestance singulière de Valérie.
Voulant la connaître davantage, je lui propose une collaboration photographique qu'elle accepta immédiatement.

Sans savoir où nous allions, nous avons avancées l'une vers l'autre au travers d'un portrait intimiste.

Voici ce qu'elle écrit :
« A ma naissance, une case m'a été attribuée, comme à chacunE d'entre nous, et elle était étiquetée "garçon"... Et même si dès l'âge de cinq ou six ans (mes plus anciens souvenirs), je commençais à me cacher pour mettre des vêtements assignés au genre dont je n'étais pas senséE appartenir, pendant 40 ans, j'ai fait de mon mieux, et même plus, pour correspondre à ce que l'on attendait de moi, à grand coup d'abus de toutes sortes, de traitements anti- dépressifs, de mises en danger... Puis ça n'a plus été possible.... Et j'ai su que je n'était pas seulE, qu'il y avait des possibilités médicales, légales, qui me permettraient de sortir de cette case pour..... m'enfermer dans une autre.... Cela me convenait... Si je n'étais pas un homme, alors forcément, j'étais une femme... J'entamais ma transition : hormones, puis quelques années plus tard, chirurgie de réassignation comme ils disent, puis changement d'état-civil... Et de nouveau, j'ai fait ce que je pouvais pour correspondre au mieux à ce genre que j'avais choisi, je me suis modeléE pour ne pas dépasser de ma nouvelle petite case. Mais c'était encore une case, et malgrè mes eforts, elle n'arriverait pas à me contenir...
 Même si je me sens plus "elle" que "lui", même si je suis contentE d'être Valérie Rote Zora ou Mia aujourd'hui, je refuse de "m'auto-emprisonner" à nouveau, et je préfère me laisser le champs libre, les portes ouvertes, la liberté d'évoluer et d'être moi, avec tout ce que cela peut comporter de complexité, de tours et de détours, d'expériences nouvelles... »

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CORRIDOR ÉLÉPHANT GALLERY

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