Après avoir été photographe de presse régionale et nationale durant 7 années, Simon Jourdan a orienté ses activités photographiques vers l'art et le documentaire en 2008. Sensible notamment aux notions de territoires, patrimoines et environnements, il a, entre autres, réalisé une commande pour l'Union Régionale des Conseils en Architecture, Urbanisme et Paysages des Pays de la Loire intitulé Traverses (paysages vus du train 2008/2010). Entre 2014 et 2018, il participe à la réalisation de deux documentaires vidéos de 52 minutes (Tout devient silencieux et La cuisine des justes). Il réalise aussi nombre de commandes dans le milieu musical et la danse contemporaine.

Simon Jourdan exprime ainsi son approche contemplative du monde qui l'entoure. Il est aussi très attaché à l'esthétique et au rendu final des œuvres qu'il propose et choisit méticuleusement les techniques de prise d'images en fonction des sujets qu'il aborde pour proposer d'aller au delà d'une simple représentation, vers un objet-image.

_______

L'image corps.

Dans son approche la plus personnelle de la photographie, Simon Jourdan mène un travail autour du corps. Dans sa série Histoires, un journal intime d'inspiration cinématographique, les corps, essentiellement féminins, sont là, magnifiés, diversifiés, redéfinis, fantasmés, dans une attente indéfinie et une confrontation au décor.

Polaroids, la série présentée ici, a été réalisée en parallèle et au cours des séances qui ont construits Histoires. Entre 2002 et 2014, Simon Jourdan a amassé une collection de plus de 300 Polaroids. Manipulées, tordues, brûlées aussi tôt éjectées de l'appareil, avant la fin du processus de révélation, ces petites images uniques se présentent comme des preuves d'apparitions. Oniriques. D'une pureté altérée. Une fascination. La femme sans impudeur et énigmatique. 

« Suivre une main. Garder un des sens en éveil L’œil faune. En face, elle est blanche de satin rouge, variante et suspendue. Spéculaire. Je suis pour la vie rêvée . Et l'odeur des immortelles ! Ce qui est vécu en dehors de soi qui fait perdre les réalités touchantes. Sans rêves ni clair. Ombres et sombres. Corps et pensées. L'imaginaire. Or l'imaginaire ne se nourrit pas du présent. Et la photographie est un contact avec ce qui a été, ce qui est mort, ceux qui sont morts. Une part de réel passé. Quelque chose qui devient sacré. Enfin... si le Sacré est la vérité de ce qui a été, il y en aura sûrement un peu. » 

 

 

15 images présentées : scan direct et sans retouche de Polaroid Image, 600 et FP100.