Prix Levallois - Interview C. Derioz & J. Damez

Les 15 finalistes du Prix Levallois 2019 ont été dévoilés, le vote du public est ouvert jusqu'au 14 juin. L'occasion pour Corridor Eléphant d'interviewer les Directeurs Artistiques du Prix, Catherine Derioz & Jacques Damez.



Depuis dix ans le Prix Levallois est ouvert à « Tous les projets sont les bienvenus, le Prix n’impose ni thème, ni format ».

Vous en assurez la direction artistique de 2018, quel y est votre rôle au sein du Prix ?


C'est un rôle d'expertise, aidé par quatre décennies d'immersion dans la photographie (en tant que galeristes) ; nous avons établi notre choix sur la qualité intrinsèque des projets.

La sélection des 15 finalistes n'a pas été influencée par nos sujets de prédilection mais par la pertinence photographique des écritures et des engagements des auteurs.



Le Prix récompense les photographes de moins de 35 ans, quelle est votre démarche face aux jeunes artistes émergents ?


Notre démarche est une démarche face à l'acte photographique et l'émergence n'a pas d'âge mais une qualité !



Pourquoi fixer une limite d’âge ? Ne peut-on être jeune photographe passé 35 ans ?


Le choix de la tranche d'âge a été établi dès 2008, par le festival Photo Levallois, qui souhaitait promouvoir de nouveaux talents.

Notre réponse à la question précédente souligne qu'à nos yeux ce n'est pas l'âge qui importe, mais la qualité du travail ; d’ailleurs on peut tout à fait être photographe émergent passé 35 ans.



La Galerie l’Escale à Levallois reçoit le lauréat chaque année pour une exposition. Comment prend-elle forme ? Suivez-vous le photographe après l’exposition ?


L'exposition de l'Escale est pour nous l'aboutissement d'un projet. En effet, le travail primé, surtout au vu de la tranche d'âge convoquée, doit être accompagné dans sa forme, sa sélection, sa finalisation plastique. Nous assumons pleinement notre rôle de directeurs artistiques et de directeurs de galerie pour mener au plus loin et au plus juste la proposition de l'auteur.

Prochainement, à la galerie, nous allons vernir une exposition "La nouvelle génération documente" regroupant 7 photographes de la sélection 2018, cela illustre notre suivi et notre engagement ! Cela ne faisait pas partie du cahier des charges du Prix Levallois, mais correspond à notre désir d’accompagnement des jeunes talents.



Chaque année vous recevez des centaines de dossiers, seuls 15 finalistes seront sélectionnés. Comment le jury les sélectionne-t-il ? Quels axes sont privilégiés ?


Les 15 dossiers ne sont pas sélectionnés par le jury mais par la direction artistique, le jury que nous formons et dont nous ne faisons pas partie, choisit en votant le lauréat et la Mention spéciale parmi les 15.

Pour passer de 700 à 15 dossiers nous avons regardé et lu attentivement l'ensemble des dossiers venus de 71 pays. Cette tâche est une lourde responsabilité que nous avons réalisé en 3 phases.

Une première nous a permis de sélectionner 70 projets que nous avons réduit à 21 puis à 15, après un examen minutieux. Comme précédemment indiqué, notre point de mire a été la qualité d'écriture et de projet. Notre ligne artistique (en tant que galeriste) n’est pas spécialement orientée du côté du document ; nous avons été mis devant le fait que ce genre était majoritaire et qualitatif dans les propositions reçues, nous avons donc choisi de respecter les grandes tendances observées.



En tant que directeurs artistiques du Prix Levallois et fondateurs de La Galerie Le Réverbère, quel regard portez-vous sur la photographie contemporaine aujourd’hui ? Comment la définissez-vous ?


En tant que galeristes, ce qui nous importe est la pertinence et la qualité de l'acte photographique, cela va au-delà de la valeur “contemporaine” de l’art. Il nous paraît dommage que parfois la contemporanéité (au sens de l’actualité) l’emporte sur la qualité.

Pour répondre à votre question, en terme de tendances, disons que notre expérience d’immersion dans la production de la jeune génération (20-35 ans) nous a naturellement mis face à une évidence, elles et ils utilisent majoritairement la photographie pour documenter le monde. Cette génération est entrée dans son siècle avec le choc de 2001, traumatisme qui, sans doute par la sidération qu’il a imposée, a créé une envie d’interroger ce qui les entoure.



Les 15 finalistes à découvrir sur le site du Prix Levallois


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