Je suis né à Athènes en 1977. Je vis en France depuis le milieu des années 80.

Après le bac, j'ai suivi un double cursus en histoire de l'art et en lettres modernes. 

J'ai obtenu mon doctorat en histoire en 2005 et mon diplôme d'archiviste-paléographe en 2009. Depuis 2010, j'exerce les fonctions de conservateur des bibliothèques.

 

Parallèlement à mes activités professionnelles, je pratique la photographie et l'écriture en amateur. J'ai travaillé à la publication de quelques rééditions critiques, notamment L'Art de la beauté de Lola Montes (Payot, "Rivages poche", 2012), Charles Baudelaire par Théophile Gautier (Payot, "Rivages poche", 2013) et La Foi qui guérit de Jean-Martin Charcot (Payot, "Rivages poche", 2015). En collaboration avec le peintre et sculpteur Pierre Zanzucchi, j'ai publié sous le titre Portraits d'insectes (Le Castor Astral, 2017) et Nouveaux Portraits d'insectes (Le Castor Astral, 2019) une sélection de textes extraits des Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre. Plus globalement, le lien entre le texte et l'image, la photographie et les arts plastiques sont au coeur de mes problématiques actuelles. 

 

C'est dans le prolongement d'un travail d'écriture sur la Gare Montparnasse et ses usagers que j'ai initié, en 2014, mon premier projet photographique (Corps transitoires / Reflets urbains, 2014-2015). Dans cette série, le parvis de la gare et les rues avoisinantes forment la scène d'un petit théâtre d'ombres où les corps sont réduits à leur seul contour. C'est de cette époque que date, pour moi, la découverte, puis l'adoption définitive de la photographie instantanée. La plupart de mes portraits urbains sont alors réalisés avec des inconnus, modèles de hasard rencontrés dans la rue. Paris et sa proche banlieue constituent dans le quotidien de mon travail un décor privilégié (Pour une autre ville, 2016-2017) et le cadre d'une esthétique renouvellée de la rencontre.  

 

Avec la série Lame (2016-2017) et surtout La nuit bleue des corps (2018-2019), c'est une approche toujours plus formelle qui caractérise ma production de photographies instantanées. En effet, cette dernière série donne à voir des fragments de corps plongés dans la nuit. La lumière est utilisée comme une couleur et fait surgir les blasons d'une anatomie idéalisée de la femme. C'est dans cette même veine qu'il faut considérer le recueil intitulé Spleen, Instant & Idéal composé pour répondre à votre appel à participation. 

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Spleen, Instant & Idéal 

Ces 30 photographies, regroupées sous le titre Spleen, Instant & Idéal, ont été réalisées pour l'essentiel dans le courant de l'année 2019. Rassemblées ainsi, elles forment une petite galerie de portraits et de nus sans autre raison ou cohérence que formelles.

 

Ce sont des visages d'abord, puis des corps, entièrement nus ou partiellement dévêtus, des polaroids en noir&blanc, ou en couleur, ayant nécessité parfois l'usage d'une gélatine bleue ou d'un filtre déformant. 

 

Aucune recherche de psychologie dans le portrait ou d'une quelconque réflexion sociologique n'accompagnent ici ma démarche photographique. Toute volonté de réalisme a déserté la scène de la représentation. Il ne faut voir là qu'une tentative de démultiplication des possibilités qui me sont offertes de prendre en photo un visage ou un corps en leur plus simple présence. Dans cette série, mon approche est purement et strictement formelle. Elle tend avec constance à l'épure ; elle vise, malgré la disparité des apparences, la mise en image d'une certaine idée de la beauté, où parfois s'ajoute un voile de mystère, voire d'étrangeté. Il m'arrive aussi d'avoir recours à un accessoire : miroir, masque, crâne, plume ou fleur. Mais l'essentiel est ailleurs.

 

L'essentiel, c'est le corps, sa découpe ; la forme qui prime sur le fond. Il n'y a pas à proprement parler ici de lieux du photographique, celui-ci est d'ailleurs toujours pour moi une donnée contingente, pour ne pas dire une contrainte ; mon cadre est neutre, vide de sens, mais il y a, à l'intérieur, quelque-chose à voir qui se nomme visage, bouche, main, poitrine, dos, jambe ou sexe. Mon sujet n'a pas d'identité ; ma recherche est un idéal. C'est une poétique du silence, du calme et de la sensualité que j'essaie, dans l'instant, de rendre matérielle. C'est comme l'aveu qu'au dehors le monde est laid et fuyant, qu'il est vile et bruyant. Incontrôlable. Spleen, Instant & Idéal est un appel à la contemplation et à la halte, empreint de nostalgie.