Réflexions sur l’ego, le corps et sa réalité. Sur les idées reçues de la beauté telle que la consomme notre société. Sur le regard porté sur soi et sur l’autre, produit conscient et inconscient de notre éducation. Sur ce grand marché du futile, créateur de l'économie contemporaine.

En 2008, après 20 ans passés dans le monde de la publicité, cet ancien directeur de création décide de prendre le contre-pied des clichés préfabriqués pour révéler sa vision d’une perception falsifiée au profit d’une réalité charnelle, naturaliste et poétique. Son travail prend corps dans l’ensemble de son œuvre « CHAIR CORPS / La vanité ou allégorie de la vie humaine », et depuis 2013  "MULTI-CORPS / la théorie des 4 corps : le corps sensible, le corps social, le corps anatomique, le corps allégorique". Son travail est un hommage à des Femmes "ordinaires", qui nous invitent par la découverte de leur univers à la relecture du nôtre. Une analyse confidentielle photographique de Femme sur les stéréotypes sociaux. En 2019, étude sur un nouveau projet : "CORPS BRUT".

Démembrement esthétique : Le corps s’expose sans relâche, du papier glacé aux cristaux liquides. Objet de toutes les convoitises visuelles, sujet prisé d’une imagerie surabondante, d’une publicité omniprésente, sans marque et soigné à outrance, le corps se perd un peu plus à mesure qu’on le sublime : grain lissé, éclats factices, reliefs parfaits, lignes rectifiées. S’étale à nos yeux absents l’expression aveugle d’une chair désincarnée à force d’être retouchée, dépossédée à trop vouloir lui faire dire ce qu’elle n’est pas.

 

Contact objectif : A nos yeux mous, à nos nerfs endormis s’offre une fissure vibrante sur l’intime, crue et cinglante de vérité. Une vision sans concession qui tranche singulièrement. Ces corps dérangent car ils dérogent à la règle de l’artifice. Réconfortants, ces corps familiers rompent avec le conformisme d’une esthétique spécieuse. Ici, la chair portée aux nues érige son vérisme, féroce et touchant, revendiquant la place du sujet dans son espace le plus intime.

 

L’incarnation d’une quête : Volontairement parcellaire, obstinément poétique, cette oeuvre mosaïque retrace le parcours d’un regard oublié, tissant à rebours le fil d’une recomposition esthétique. D’une peau grêlée ou diaphane, d’un ventre laiteux qui nait à la lumière ou d’un visage secret qui se meut dans la pénombre, PATRICK GOMME traduit la surface sensible de notre humanité. Au gré de ses détails naissants et morcellements délicats, la progression révèle l’identité de chacun, l’histoire d’une vie qui siège au plus profond de nos plis, reliefs et cicatrices enfin mis en lumière

 

Eloge de l’ordinaire : Avec son approche d’une photographie intacte (au sens de non retouchée), PATRICK GOMME entend bien réveiller ce que l’industrie et ses façonneurs d’une perception policée nous ont fait oublier. Dès le premier regard posé sur une chute de rein pudiquement immortalisée, cette galerie éclectique de figures étranges fascine tant par sa beauté que par son étrangeté ; nous renvoyant ainsi au reflet de notre essence.