EN EXPOSITION DANS CE NUMÉRO :

J’ai pratiqué la photographie argentique jeune adulte, avant de passer au numérique, comme tout un chacun, pour me fabriquer des souvenirs. Puis l’amour pour cet art et les champs nouveaux qu’offrent les nouvelles technologies m’ont amené, voilà cinq ans, à en appréhender la pratique plus sérieusement mais toujours en autodidacte.

On ne photographie bien que ce que l’on connaît bien et, en m’exerçant régulièrement, des centres d’intérêt se sont imposés à moi. Je fixe principalement des choses désuètes, banales, abandonnées. Elles semblent sans valeur et aux marges de notre expérience quotidienne mais pour moi sont comme des aimants intensément attractifs. L'oeuvre que l'homme crée (qu'elle soit oeuvre d'art ou pas) se trouve lentement, et ce malgré ses combats, attaquée et transformée par le temps, la nature, l'oubli. C'est cette tension entre passé et présent, création et décrépitude, production et abandon qui chaque fois attire mon regard et qui, au fil des années, est devenu l'axe principal de mon travail.

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Architecture Mineure

Ici pas d’architecture qui impose, enferme ou contient. Pas de cathédrale, ni gothique ni moderne. Pas de superstructure, de vaisseau amiral. Pas de musée et encore moins de sanctuaire. Pas de sculpture séduisante.
A cette architecture massive et normative s’opposent les forces du hasard, de l’altérité et du temps. L’ingéniosité, la singularité, la débrouillardise de l’habitant, du maçon, de l’artisan bousculent les codes et les règles, les politiques et les plans d’urbanisation. Par leur nature éphémère et transformative, les architectures mineures altèrent, déconstruisent et réenchantent nos villes.