EN EXPOSITION DANS CE NUMÉRO :

Il s’agit d’un portrait d’un lieu, la Galice, région du nord ouest de l’Espagne tournée vers l’Atlantique et l’Europe, dans laquelle modernité et traditions, passé et présent se combinent comme rarement ailleurs, à l’écart du tourisme de masse malgré la célébrité de Santiago de Compostela. J’y séjourne désormais plusieurs fois par an, en diverses saisons, dans une maison de village du sud qui appartient à une famille devenue un peu la nôtre et dont on voit ici Filomena qui a 93 ans et Natalia, sa petite-fille. La variété des paysages et de ses lumières, entre brumes hivernales et incendies estivaux, mais aussi l’Histoire, entre océan et campagne, langue galicienne et castillane ou encore revendications à l’indépendance et affirmation européenne, m’ont incité à varier mes approches photographiques, formats et supports, selon l’impression de l’instant, ou l’intimité du lieu. « Pour faire le portrait » de la Galice, il faut prendre son temps, rester discret mais visible, des couleurs, des nuances de gris; se lever tôt pour voir avec le jour naissant la brume dévoiler un calvaire ou un hórreo (grenier galicien). Et bien-sûr, veiller la nuit de la Saint Jean avec ses immenses feux porte-bonheur dans lesquels les lycéens font brûler leurs anciennes notes de cours et les pêcheurs leurs anciens bateaux.

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Je suis né à Marseille en 1972 et je vis toujours dans le sud de la France. Photographe autodidacte et par ailleurs universitaire dans le domaine de l’informatique et de la linguistique., j’ai la chance de pouvoir beaucoup voyager. Mon travail de chercheur et de

photographe s’intéresse à l’expression des sentiments et des émotions sous ses différentes formes, textuelles ou graphiques, en lien avec notre mémoire autobiographique et collective