EN EXPOSITION DANS CE NUMÉRO :

Matthieu Burlin est un photographe français né en 1983.

Son travail, exclusivement consacré au noir & blanc, a débuté au début de l'année 2013, après une quinzaine d'années consacrées à une autre discipline artistique.

D'abord attiré par le photojournalisme et la couverture événementielle, il se consacre ensuite à la photographie d'auteur, domaine dans lequel son langage peut être révélé sans compromis.

Après un apprentissage avec l'objet numérique, il travaille désormais exclusivement en argentique, principalement avec une chambre grand format, outil de lenteur, de précision et de méticulosité, attentif aux éléments et à leurs manifestations, loin du déclenchement compulsif de l'obturateur.

Son expression est avant tout celle d'une catharsis. Il vit et travaille à Toulouse.

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"Le Chant des Muets" est un travail photographique débuté fin 2017. Cette série est une vision personnelle du sentiment mélancolique, de ses nuances et de la charge poétique qui y est souvent liée. Le noir & blanc (référence à une possible intemporalité ainsi qu'à des oeuvres cinématographiques d'Andrei Tarkovski ou Béla Tarr), la particularité des flous de bascule (la manière dont ils isolent les sujets, dégageant hors de toutes habitudes certains éléments pour mieux en masquer d'autres), la brutalité ou l'inquiétude des éléments naturels (le vent, la roche, le bois), la protection factice de tenues tissées ou le dévoilement du vêtement le plus sensible qui soit (la peau), tout cela dessine les contours de la série présentée.

"Le Chant des Muets" est une élégie silencieuse face au cri d'un monde qui se meurt. -------------------------

"Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang. Je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui passait à travers l'univers et qui déchirait la nature." Edvard Munch, journal, 22 janvier 1892.