Marie Ployart a 28 ans et vit à Nantes. Autodidacte, elle commence la photographie à l’adolescence et s’intéresse au nu quelques années plus tard, pour ne plus jamais s’en dépêtre. La photographie est comme son second métier, en dehors de ses projets personnels, elle propose des séances de “photo-thérapeutique” dans le but d’aider les gens à apprécier et se réapproprier leur corps et leur image en les photographiant.
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Le nu occupe une grande part de mon travail : j’essaye d’interroger le regard de l’autre sur la nudité -un regard très souvent sexualisant- et de travailler sur la réappropriation de notre corps et de son image, au travers de photographies brutes et non retouchées.

Pour donner un pied de nez à la sexualisation systématique du corps, je me plais à associer la nudité à la banalité, à l’ineptie, à l’incongru, voire parfois à la répulsion. Pour démontrer qu’un corps n’est rien d’autre qu’un corps, et que c’est le regard qui le modèle.

L’anonymat me permet de sortir de l’identification au modèle. Il devient plus difficile de ressentir de l'attirance pour un corps inconnu, d’autant plus si ce dernier est dans une situation peu attrayante... ou avec un masque d’animal (« Conte(s) »).

En parallèle de ces thématiques, j’essaye d’exprimer mes angoisses face à la crise climatique, et les ravages de l’Homme sur la nature (« L’envahisseur », « La mer monte », « Après nous »). J’utilise l’humain dans son plus simple appareil, dans sa plus grande vulnérabilité, comme pour le mettre face à ses responsabilités.