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CORRIDOR ELEPHANT met en place des échanges de contenus avec d'autres magazines en ligne que l'Éléphant suit, lit, aime.

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TK-21 LaRevue, en ligne depuis juin 2011 est une aventure collective, participative, qui introduit dans les débats sur les images aujourd'hui, des analyses et des points de vue échappant à la doxa.

TK-21 LaRevue présente et analyse des images venant du monde entier, elle ne soutient aucune ligne esthétique particulière, mais tente de comprendre ce qui aujourd'hui s'impose comme élément déterminant dans la société et en quoi l’image y participe.

TK-21 LaRevue est devenue un opérateur culturel mettant en place des expositions, des programmes d'échanges et de rencontres avec des artistes étrangers et s'inscrivant dans le champ éditorial  avec le magazine papier OVNI et des publications d'ouvrages sur des artistes.

Dubord déborde

Marc Dubord ne sait pas plus que nous, pourquoi les choses sont ce qu’elles sont ; alors il cherche des fragments de réponses dans les malles de ses souvenirs, dans les greniers de l’Histoire

Il déborde d’idées. Des idées qui le dépassent et qui s’envolent dans les espaces d’irréels. Marc Dubord ne sait pas plus que nous, pourquoi les choses sont ce qu’elles sont ; alors il cherche des fragments de réponses dans les malles de ses souvenirs, dans les greniers de l’Histoire. Petite ou grande histoire, commérages ou confidences, comme une psychanalyse de sa propre fantaisie grimaçante on voit réapparaître sur ses photos la trame de ses cauchemars récurrents.

 

Dans tous ce fatras de personnages abracadabrantesques composé en amalgame façon Henri Alekan surréaliste ou Jan Saudek sur Photoshop, on ne sait plus s’il s’agit de fêtes païennes ou de Carnaval des Fous.

On est dans le Nord sous les nuages, ou dans l’atelier d’un Brueghel l’ancien qui jouerait avec les tissus en transparence ; on voit du cuir, du skaï ou du velours, mais aussi les estampilles et les papiers peints, un monde fantasque / fantastique.

 

Marc Dubord agit de façon empirique et méthodique à la fois. Il fait semblant de ne pas faire exprès, comme s’il s’amusait à se tromper le dogme. Il désobéit pour satisfaire un caprice anarchiste autant qu’il s’amuse à faire croire que rien n’est jamais sérieux. Pas plus la Mort que l’Amour, pas plus le Sexe que la famille, pas plus l’Art que les animaux mythologiques.

 

Marc Dubord joue avec les anachronismes, les juxtapositions scabreuses, les associations de malfaiteurs ou de bien-pensants. Il contre-colle en transparence le vent et la tempête, la chair et le goupillon, l’innocence et la fausse pudeur.

Quand on regarde les images de Marc Dubord, on se prend à baisser les yeux, parfois gêné par son regard voyeur, à la limite Grand-Guignol. Images captives de faits divers venant d’un entre monde, rémanences bizarres et dissonances chahutées viennent se faire entendre sur ces photos montées.

 

Naïf ou décalé, armé d’une lampe de poche et d’une palette graphique, Marc Dubord visite les souterrains de la conscience. Il éclaire l’ombre, ou assombrit les contrastes, depuis ce camp de base qu’il s’est installé pour vivre sur face cachée d’une lune de miel en sucre d’orge.

 

Quelques fois l’évidence vous saute aux yeux comme un loup-garou en plein jour : Marc Dubord n’est pas un photographe réaliste, c’est un compositeur. Il ne veut rien prouver, rien démontrer, rien révéler, non. Son mystère hiberne dans l’antre de l’être, là où se cache l’anima / animus qui est en nous.

Comme les cartes postales de conscrit ou comme les images pieuses, tantôt kitsch et tantôt matures, tantôt cruels, tantôt grotesques ou hybrides, les portraits qu’il fabrique sont imprégnés d’une angoisse existentielle profonde autant que d’un romantisme populaire façon Halloween.

A sa manière, Marc Dubord raconte des fables en image.

CharlElie Couture / New York 2011.

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Confiné...par obligation

Par hasard de non décision 

Les choses se centre par défaut 

Sur soi d'abord puis sur les informations

 

On pense à mal...puis plus...puis encore

Comme pour se soigner seul

Après la sidération...

 

Le silence nous encourage à s'écouter

A se tenir debout

A envisager l'avenir autrement

 

On fulmine, on s'énerve

Puis on se calme pour réfléchir

Revoir sa copie

 

Comme aspiré par les mots absents des gens

Ceux qui sont isolés comme nous ailleurs

Conscient de nos carences de sang

Comme aspirés par les sentiments

 

 

Tout en nous centrés sur le silence

Comme pris dans le vent de la pandémie

Nos êtres décentrés vers un ailleurs

 

 

L'essence de nos vies reprises par obligation

Sur les jours égrainés de la maladie

Nos êtres recentrés par le meilleur

 

 

Comme aspiré par les mots absents du confinement

Nous irons tous surement

Vers là-bas 

Où il faut après......... Autrement

 

 

Des jours entiers pris dans les sentiments

Dans les absences d'un instant

Comme pour nous dire autrement

Que l'essentiel est ailleurs

 

 

Des heures entières prises à rebours impatient

Comme pour partir en soi autrement

Vers le centre dans une sorte de peur

 

 

On eut cru faire semblant

Résister tendrement

Puis finalement non …..laissons faire le temps