EN EXPOSITION DANS CE NUMÉRO :

Diplômée en 2014 de l’École Supérieure d’Art et de Design de Marseille spécialisation photo, j’ai ensuite assisté le photographe Jasper White à Londres et menée le projet «Tour Eiffel» dont il m’avait confié l’ensemble de l’organisation, avant d’intégrer en 2015 l’École Nationale Supérieure de la Photographie de Arles, où je viens d’obtenir cette année un Master II avec les Félicitations du jury. 

Après plusieurs expositions collectives, en 2016 mon travail a été projeté par les Voies Off aux Rencontres de la Photographie. En 2017, j’ai remporté le Prix « 1ère édition photo » organisé par Tribew et Fisheye avec ma série «Traversée», j’ai été sélectionnée par Leica pour couvrir la première semaine des Rencontres de la Photographie à Arles, et exposer quotidiennement mon travail dans la « Leica room » au cours de la manifestation, puis j’ai fais partie des coup de coeur de l’ANI au festival «VISA pour l’image» à Perpignan. 

Durant l’été 2017, j’ai sillonné une partie des États-Unis avec une vidéaste, dans le cadre d’un nouveau projet personnel, qui a également fait l’objet d’une Carte Blanche par Leica. Ce projet couvre les excès de la culture Américaine dans son ensemble et suscite la découverte d’univers très différents autour de la transformation du corps et de l’image de soi. Thèmes que je vais continuer à explorer prochainement au travers de nouveaux projets de voyage à Cuba, New-York et Montréal à la rentrée 2018.

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Ce projet « Parade » est le résultat d’un reportage que j’ai réalisé aux États-Unis. Je me suis immiscée dans des univers pour lesquels la représentation de soi et l’artifice sont les préoccupations principales et c’est alors ce qui a été le point de départ de ma série, où j’ai fais le choix de traiter le corps comme un motif.

    Dans cette idée, je considère que les décors et les personnes deviennent des motifs dans l’image, au même niveau que les ornements le deviennent sur les costumes ou les accessoires. À travers le travail de l’accrochage, qui devient une partie très importante du projet, je donne à voir ma perception et mon expérience en plaçant les corps comme je l’entends de manière à créer une frise de ces nouveaux motifs, associée à la complexité de mes personnages. Je ne cherche pas à les réduire seulement à du visuel mais j’essaye de garder un interêt conceptuel à chacune de mes associations, car si je me sert énormément de la couleur et du motif, c’est avant tout pour donner une ouverture de dialogue au spectateur sans que ce soit au détriment du sens.

J’aime proposer différentes manières «d’entrer» dans mes images, soit par le biais du corps, de la matière ou encore de la couleur. Je veux qu’elles fonctionnent par associations mais qu’elles offrent aussi une lecture individuelle. Ce qui m’intéresse, en traitant tout au même niveau, c’est de créer une perte de repères dans la représentation, dans l’idée que l’utilisation que mes personnages font de l’artifice et la façon dont ils se présentent, va prendre le pas sur leur identité. C’est précisément cette apparence qui, au fur à mesure des transformations subies, peut être vu comme une surface.

L’interêt est de ne plus savoir ni percevoir à quel moment on est face à quelqu’un ou quelque chose. Dans ce sens, «Parade» a pour finalité de déconstruire cette limite entre corps et objet pour la remettre en scène selon des nouveaux codes qui sont de traiter de la même manière les personnes et les motifs qui m’ont interpellée et que j’ai remarqués en explorant ces univers.