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Je développe en partie mes recherches sur la photographie et le texte au sein du collectif Faux Amis en diversifiant les supports, vidéo, installation, édition... J'alterne résidences d'artistes (Mission, ARTU, CLEA, résidence de création), expositions/ projections en festival, projets coporate , cours&workshops (Musée des Beaux Art, Université),  commande presse (essentiellement dans le Nord pour le journal Le Monde).

 

Je travaille autour de l’imagerie familiale, des petites choses de l’ordinaire, dans l’intention de tracer une cartographie intimiste d’un territoire, d’un groupe ou d’un individu. Avec un intérêt particulier pour la photographie amateure, et ce qu'elle peut dévoiler quand on la scrute : le surgissement d'une maladresse, d'un geste particulier, d'une atmosphère, de singularités ou bien au contraire de formes stéréotypées.

Je m’intéresse aux périodes de transitions, entrainant un déséquilibre, une bascule d’un état à un autre. J’observe alors comment les êtres, les paysages sont traversés par cette fragilité et ce déséquilibre.

L’adolescence, la sortie du cocon familial, le lieu de soin, ce sont encore et toujours des allers retours entre différents mondes assez clos, dans lesquels il faut opérer une percée.

J'envisage ma pratique comme une recherche : aiguiser les mots, manipuler les images, les ordonner et les classer, en étudier les potentiels narratifs... 

Et avec cette attention particulière à l’infra-ordinaire, se pose la question des outils photographiques, qui se doivent d'être au plus près de l’intuition et de la retranscription du vivant pour laisser la liberté à l’accident d’advenir. 

Je tente, par la photographie de capter ces micros chamboulements intérieurs, qui sont pourtant souvent invisibles. C’est donc, avec l’outil photographique, une recherche perpétuelle de figurer ce qui n’est pas visible.

La bascule, c’est aussi quand la fiction s’invite dans le réel. Des trouées par lesquelles l’absurde, le rêve, les fantasmes et la poésie s’engouffrent. Et c’est comme un réel augmenté devant lequel on se retrouve, la fiction permettant parfois d’être au plus juste et au plus près.