Titulaire d'un D.E.A. de littératures et civilisations francophones, d'une agrégation de lettres modernes, d'une licence de sciences humaines et arts mention histoire de l'art, Katia Aumailley pratique la photographie depuis l'adolescence, mais s'y adonne avec passion depuis une dizaine d'années ainsi qu'à l'écriture poétique.

Des rencontres artistiques variées ont été déterminantes dans son cheminement grâce à des ateliers, des workshops et compagnonnages (avec Xavier Lambours, Jean-Christophe Béchet, Corinne Mercadier, Dolorès Marat, Emmanuelle Brisson, Michel Paradinas notamment...).

Originaire de Bordeaux, mais résidant désormais à Niort (Deux-Sèvres), elle fait partie des bénévoles des deux associations photographiques locales Pour l'Instant et On y va..., en suivant activement la programmation, les résidences des Rencontres de la jeune photographie internationale, et les actions du Centre d'Art contemporain photographique de la Villa Pérochon.

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EXTÉRIEUR JOUR # INTÉRIEURS NUIT

Cette chronique de l'année 2019, travail tristement en cours, érige un tombeau aux cent trente-neuf Françaises victimes de féminicide depuis le 1er janvier. La douceur de l'estompe, la chaleur colorimétrique des polaroïds contrastent singulièrement avec le thème grave de ces séries d'histoires féminines abrégées dans la violence ordinaire – négation de l'amour, déchirure injurieuse, manipulation mentale, violation d'intimité, stigmatisation ou maîtrise totale du corps de l'autre, fièvre haineuse ou avinée, sourde résolution du meurtre

prémédité... Le voile tendre semble faire oublier ou atténuer cette violence suprême – fatale résurgence machiste consentie, presque avalisée, par le silence complice de notre société. Silence passé et présent. Notre silence. Notre refus de voir et d'entendre.

Ici, pourtant, toute ressemblance photographique avec des faits, des personnes existant.e.s ou ayant existé est purement fortuite. Seuls les mots publiés ont bien été assénés. Là ou ailleurs.