EN EXPOSITION DANS CE NUMÉRO :

Selon Wikipédia :

Un appareil photographique à sténopé se présente sous la forme d’une boîte dont l’une des faces est percée d’un trou minuscule qui laisse entrer la lumière. Sur la surface opposée à cette ouverture vient se former l'image inversée de la réalité extérieure, que l'on peut capturer sur un support photosensible, tel que du papier photographique.

Du fait de la petite taille de l’orifice permettant à la lumière de pénétrer à l’intérieur de l’appareil, le temps nécessaire pour impressionner la surface photosensible est très long. Selon la taille de l’appareil et de l'ouverture, il peut se chiffrer en secondes ou en heures. Le trou minuscule du sténopé permet une très grande profondeur de champ.

On attribue l'invention de la chambre noire à Ibn al-Haytham, scientifique arabe et père de l'optique moderne. Bien que cela ne soit pas formellement établi, il est possible que la première photographie (Joseph Nicéphore Niepce) ait été prise avec un sténopé.

 

Mon projet :

Associer le sténopé à un boîtier numérique moderne afin de profiter de sensibilités qui étaient impossibles en argentique, soit 3200 ISO et au-delà puisqu’un Nikon D5 est atteint aujourd’hui plus de 3 millions d’ISO.

Grâce à ces sensibilités, d’autant plus utilisables que la résolution du sténopé est faible, les temps de pose ne se chiffrent plus en heures, ni même en secondes, mais atteignent des valeurs permettant de l’utiliser à main levée.

En effet, monté sur un boîtier reflex 24x36, le trou de diamètre 0,25 mm se situant à peu près à 50 mm du capteur, le sténopé se compare à un 50 mm f/200, et les temps de pose peuvent descendre jusqu’au 1/125 s dans de bonnes conditions d’éclairage, et le 1/30 s est utilisable couramment.

Bien entendu, on peut aussi profiter de la faible ouverture pour utiliser des temps de pose autour de la seconde pour des flous et des filés en toutes circonstances.

J’ai donc retrouvé la poésie de ce rendu si spécifique du sténopé, des images qui paraissent anciennes, qui ont une profondeur de champ presque infinie, avec un fort voile dû à la diffraction, tout en pouvant travailler à des temps de pose « normaux » et sur des sujets jusqu’ici inaccessibles à cette technique, allant jusqu’à un cliché réalisé debout dans une rame de métro (« Oldman in Paris »).

C’est cette « nouvelle poésie », en net, en filé, en noir et blanc et en couleurs que je vous propose ici.