CORRIDOR ELEPHANT met en place des échanges de contenus avec d'autres magazines en ligne que l'Éléphant suit, lit, aime.

https://www.tk-21.com  

TK-21 LaRevue, en ligne depuis juin 2011 est une aventure collective, participative, qui introduit dans les débats sur les images aujourd'hui, des analyses et des points de vue échappant à la doxa.

TK-21 LaRevue présente et analyse des images venant du monde entier, elle ne soutient aucune ligne esthétique particulière, mais tente de comprendre ce qui aujourd'hui s'impose comme élément déterminant dans la société et en quoi l’image y participe.

TK-21 LaRevue est devenue un opérateur culturel mettant en place des expositions, des programmes d'échanges et de rencontres avec des artistes étrangers et s'inscrivant dans le champ éditorial  avec le magazine papier OVNI et des publications d'ouvrages sur des artistes.

- Les silences de Paris -

Paris. Paris silencieux, Paris déserté, Paris confiné, mais Paris éblouissant ! (*) 

 

Le confinement a bloqué la population dans la sphère privée.

Le corolaire est que la sphère publique s’est retrouvée vidée.


Ce jeu du plein et du vide était particulièrement remarquable, là où normalement le flot 

de personne était le plus important : celui des villes. 

Les paysages urbains de Jean-Christophe Ballot racontent alors l’autre visage du confinement. 

 

Photographier l’espace de la ville, c’est œuvrer sur le vide. Mais ici le projet est exacerbé : 

il s’agit de rendre compte du vide du vide ! L’espace c’est la rue, la place avec leurs fonctions d’accueil des riverains et de la circulation des flux. Le propos est désormais d’inclure 

dans l’image le trottoir vide de piétons, l’asphalte vide de véhicules. Le cadre est alors 

un dispositif qui marque tout à la fois la reconnaissance d’un lieu connu et identifiable 

(le plus souvent emblématique de Paris) et sa vision inhabituelle, étrange car exsangue 

de ses habitants. La chair est vidée de son sang.

 

L’artiste a fait le choix de la radicalité de la lumière (à quelques exceptions près). 

« Sous le soleil exactement. Pas à côté, pas n’importe où. Sous le soleil exactement. » 

chante Serge Gainsbourg. La lumière crue, souvent zénithale, sans artifice signifie que 

« c’était ainsi ». Il se place en chroniqueur d’un moment unique de l’histoire de Paris. 

 

Les silences de Paris est un récit photographique qui s’adresse à tout(e)s les confiné(e)s 

qui découvriront ainsi le visage d’un Paris surprenant en ce temps historique, 

suspendu et silencieux... 

__________________

 

Jean-Christophe Ballot est né et a toujours vécu à Paris. Il connait bien sa ville, la parcourant depuis toujours en moto. Pour réaliser ce portrait de Paris, il a donc fait des choix dictés 

par ses connaissances de la ville et par son expérience de plus de trente ans de photographies de paysages urbains de villes à travers la planète. En 2008, son exposition personnelle 

à la Maison Européenne de la Photographie était la compilation des travaux sur quinze villes 

à travers le monde, de New York à Shanghai, de Berlin à Surabaya... 

 

Le photographe a commencé ses prises de vues au mois d’avril, soit trois semaines après le début du confinement, et l’arrêt des activités. Avec la baisse de la pollution le léger voile atmosphérique permanent avait disparu, et l’air de Paris avait retrouvé une transparence unique. Cette qualité exceptionnelle de la lumière traverse ses photographies. 

 

Jean-Christophe Ballot a pu travailler grâce à une attestation presse qui lui a servi de dérogation de déplacement pour présenter lors des contrôles des forces de l’ordre. Il exprime toute sa reconnaissance à ABACA press pour cette aide précieuse. 

 

(*) En échos au discours prononcé le 25 août 1944 à l’hôtel de ville de Paris par le général de Gaule.