INYAPDR 

UN LIVRE DE JEAN-CHRISTOPHE LAURENT

DISPONIBLE EN PRÉACHAT À PARTIR DU 25 SEPTEMBRE

INYAPDR

ÉDITION LIMITÉE, NUMÉROTÉE ET SIGNÉE PAR L'AUTEUR

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Corridor Eléphant propose une collection de livres papier en édition limitée, numérotée et signée. Ces livres sont disponibles dans sa librairie en ligne.  

La maquette, l’impression et le choix du papier sont réfléchis avec l’artiste afin que l’ouvrage corresponde avec le plus de justesse possible au travail du photographe. Le livre de Jean-Christophe Laurent sera imprimé sur papier semi-mat 135 gr

Il y a dans le travail de Jean-Christophe Laurent, le désir d’un portraitiste qui s’amuse des diktats sociaux. Si notre époque fait apparaître la nudité comme dégradante alors que parallèlement elle fait un pont d’or aux images pornographiques, si cette même pornographie s’installe dans notre quotidien par le biais d’une normalité consumériste alors que tout, des réseaux sociaux aux discours politiques aseptisés et bien-pensants, diabolisent la vue d’un corps dans « son plus simple appareil » nous éloignant ainsi d’une forme d’humanité, la photographie de Jean-Christophe Laurent en prend le contrepied. Elle nous invite à (re)découvrir, un temps, où nos corps tels qu’ils sont et nous représentent nous « appartenaient », les montrer comme les regarder, relevant de la liberté individuelle.

INYAPDR (Il n’y a pas de recette), en dehors peut-être de celle-ci : la liberté s’arrête là où commence celle des autres, loin des normes imposées et des muselières puritaines, évidence que transmet le travail du photographe et à travers lui ses modèles.

Édition limitée, numérotée, signée par l'auteur et certifiée par un cachet à froid. Format 15x21 cm (format cahier),

210 pages. 101 photographies.

 

38,00 € *

*(Frais de port inclus pour la France / +2,00 € pour l'Europe / +5 hors Europe) 

L'INTERVIEW DU PHOTOGRAPHE

Quelle est la genèse de ce travail ? 

À vrai dire, je ne me souviens pas exactement comment est venue l’idée de ce projet. Les processus qui mènent à l’éclosion d’un concept sont aussi multiples que complexes : l’humeur, l’envie de réagir ou de réfléchir à des schémas, de confronter sa pensée, etc. La genèse de ce travail est donc le fruit de la convergence de plusieurs facteurs : un besoin d’explorer, de recontextualiser la photo de nu, de dépasser son caractère univoque, de le détourner, de l’intellectualiser, d’y intégrer d’autres dimensions (sociales, ethno-sociales, littéraires, politiques, philosophiques, symboliques, voire mystiques) ; l’envie également de répondre de façon impertinente et ironique (le retour des femmes à la cuisine) à l’injonction normative du stéréotype féminin publicitaire qui tyrannise le genre qu’il est censé représenter ; tout cela (entre autres) combiné à la prémonition confuse et terrifiante d’un retour à l’ordre moral pudibond qui se dessine déjà en 2009 (l’année de l’élaboration d’INYAPDR)... 

 

Pourquoi photographier vos modèles nus ? 

Mes modèles ? Un terme inadéquat pour parler de ce travail, car celui-ci consiste justement à dire qu’il n’y a pas de modèle. 95 % des femmes qui ont participé à cette aventure artistique n’avaient jamais posé pour un photographe. Sinon, curieuse question concernant un ouvrage dont la nudité est l’axe central. Car il s’agit là d’une mise en perspective des archétypes : l’origine du monde (le sexe féminin) au centre du monde (la cuisine : l’endroit de la maison où l’eau, le feu et la nourriture sont réunis). Alors la nudité ? Affranchie des poses de la séduction, des codes de l’imagerie de charme et de leurs paradigmes esthétiques, c’est la nudité comme principe de vérité et de réalité, mais aussi comme acte de résistance humoristique à la dictature d’un format : celui de la créature désincarnée des magazines de mode qui angoisse le genre féminin tout entier. La nudité encore, pour raconter la beauté du corps, dans son infinie diversité, à tous les âges. La nudité enfin, comme ultime expression de la liberté. 

 

Comment ce travail a-t-il été perçu par les modèles ? 

Encore une fois, il ne s’agit pas de modèles, mais de femmes ayant non seulement accepté, mais désiré (et chacune pour des raisons purement personnelles) participer à une expérience artistique qui déborde largement du champ de la pure photographie. Il est donc question ici d’une œuvre collective. À moi le dispositif photographique : cadre, lumière, valeur de plan, pose frontale ; et à chacune des participantes de disposer de sa propre attitude face à l’objectif, ainsi que du choix et de la façon de rédiger une recette dans sa langue maternelle. Maintenant, je ne saurais parler à leur place, mais selon moi, ce travail a été perçu (entre autres) par les participantes comme une sorte de laboratoire, un espace de liberté et de création niché au cœur de deux exercices précis (la rédaction d’une recette et poser nue devant un objectif) dans lesquels elles pourraient s’exprimer sans fard. 

 

Comment avez-vous commencé la photographie ? 

En 1969 (l’année érotique), ma tata Paulette m’a offert un Instamatic 333 pour ma première communion, mais j’ai commencé ma vie artistique par la peinture. Je suis passé ensuite à l’écriture cinématographique et à la réalisation de quelques courts-métrages, puis à la littérature. J’ai également travaillé dans plusieurs agences de publicité. La photographie m’est donc toujours apparue comme une évidence dans mon parcours créatif, même si elle n’en reste qu’une des composantes. 

EXTRAITS " INYAPDR "