CORRIDOR ELEPHANT met en place des échanges de contenus avec d'autres magazines en ligne que l'Éléphant suit, lit, aime.

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TK-21 LaRevue, en ligne depuis juin 2011 est une aventure collective, participative, qui introduit dans les débats sur les images aujourd'hui, des analyses et des points de vue échappant à la doxa.

TK-21 LaRevue présente et analyse des images venant du monde entier, elle ne soutient aucune ligne esthétique particulière, mais tente de comprendre ce qui aujourd'hui s'impose comme élément déterminant dans la société et en quoi l’image y participe.

TK-21 LaRevue est devenue un opérateur culturel mettant en place des expositions, des programmes d'échanges et de rencontres avec des artistes étrangers et s'inscrivant dans le champ éditorial  avec le magazine papier OVNI et des publications d'ouvrages sur des artistes.

Vit et travaille entre Bois Colombes et Casablanca. Après des études de philosophie, il se consacre à la photographie. Depuis le début des années 2000, son travail à pour champ d’expérimentation la possibilité d’une abstraction paradoxale en photographie, en pratiquant une recherche expérimentale de l’acte photographique, sorte de polymorphe de la photographie. Une analyse de ce que peut être encore aujourd’hui la photographie : questionner son histoire, ses artifices et ses procédés, de même donner à voir le corps et la matière photographique.

 

Ses premières expositions ont lieu à partir de 1996 au Maroc, en Portugal, en Espagne et en France.

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…Ibn El Farouk inscrit les recherches intenses qu'il effectue dans le champ de la photographie et de la production d'images fixes et mobiles, en relation avec cette situation générale de la perception. Mais il fait plus encore. Il opère à cœur ouvert la matérialité des images, produisant ainsi une sorte d'électrochoc mental chez celui qui les découvre et le conduisant à s'arrêter un instant et à s'approprier le questionnement qui lui est proposé.

Il ne faut pas s'y tromper, ce qui nous est donné à voir, ce sont bien des images mais d'un type si singulier qu'en effet il est impossible, face à elles, de ne pas se demander à la fois ce qu'elles peuvent bien représenter, comment elles ont été faites et de quoi elles peuvent bien « parler ».

 

Photographe sans appareil, Ibn El Farouk, réalise des objets visuels qui naissent d'une décomposition savante des couches matérielles qui composent la pellicule argentique. Autant dire qu'il nous renvoie à la préhistoire des images photographiques. Et pourtant le résultat visuel est d'une contemporanéité puissante. On peut même dire qu'il parvient à faire, sans passer par l'univers des programmes et des codes qui encadrent la totalité de la production des images électroniques aujourd'hui, ce que chacun peut accomplir avec son téléphone ou son ordinateur, à savoir produire des images sans référent.

Mais ce n'est pas la critique du référent, problématique largement dépassée, qui l'intéresse. C'est la matérialité même du support, l'univers chimique qui précède accueille et rend possible l'apparition de l'image. C'est l'image avant l'image, l'image en tant que processus de transformation d'une matière sous l'effet de la lumière.

Et ce que l'on découvre ici, c'est que l'image photographique argentique est rendue possible par l'existence d'une superposition de surfaces chacune ayant ses particularités chimiques et physiques.

 

Jean Louis Poitevin