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Somedhar. Les restes

Ce hangar appartient à une famille proche, celle d’un industriel grec qui avait fui la guerre civile vers la Belgique avec sa femme et ses enfants. Il fonda dans une zone industrielle de Bruxelles une nouvelle société, la « Société Métallurgique de Haren », en abrégé Somedhar. Il bâtit une usine où les métaux étaient triés et le zinc fondu en lingots avant de partir vers les usines de galvanisation de la région. 

Avec le temps, l’évolution technologique rendit l’activité obsolète, et toute la zone périclitait. L’industriel ferma l’usine et loua les entrepôts à différentes entreprises. A sa mort, la famille continua de louer le bâtiment. Les enfants étant partis aux quatre coins du monde, celui-ci fut de moins en moins entretenu. Quand le dernier locataire fit faillite et s’enfuit précipitamment en abandonnant les lieux, les enfants revinrent. Ils découvrirent alors le bâtiment de leur père dans un état de délabrement avancé, suite aux années de demi-abandon et à la débâcle du dernier occupant.

J’ai pu à mon tour y pénétrer et je découvris Somedhar avec un mélange d’effroi, de tristesse et de stupéfaction devant la beauté théâtrale de ce naufrage. J’ai photographié le bâtiment dévasté sans adjonction de lumière et sans rien modifier, souhaitant simplement garder une trace du déclin de la zone industrielle, de la faillite du dernier occupant et de la dispersion de la famille.