ZIA PERTHUISOT
Née en Limousin et ayant grandi entre la Haute-Vienne et la Creuse, je suis d’abord passée par les sciences sociales avec une double licence en Sciences du Langage et en Sociologie à l’Université de Limoges. Avant de rejoindre Paris afin de réaliser un service civique au sein du Collectif les Morts de la Rue, une association effectuant un travail mémoriel autour de la mortalité des personnes à la rue. Par la suite, je suis restée en Île-de-France afin d’intégrer le Master de Création Littéraire au sein de l’Université Paris 8 entre 2021 et 2023, puis le Master de Photographie dans la même faculté. Mes médiums principaux sont la littérature et la photographie, à mi-chemin entre straight photography et photographie de l’intime.
J’ai eu l’occasion de participer à plusieurs publications, notamment avec l’écriture et la conception du roman collectif auto-édité Doses, la publication du recueil de textes La relève numéro 1 aux Éditions Noir sur Blanc. Et également de certains textes pour des revues telles que 33 Carats, la revue Débridée, la revue Olga, des traductions de ses textes vers l’anglais dans la revue Discount Guillotine etc.
Les lieux où la littérature quitte la page me sont aussi précieux. Ces dernières années, j’ai pu mettre en place un atelier d’écriture au sein du Festival Effractions au Centre Pompidou, des lectures-performances à la Maison de la Poésie de Paris et également prendre part à l’organisation de scènes ouvertes littéraires au sein du collectif La Textape. J’ai également organisé des ateliers d’initiation à la photographie documentaire avec des établissements scolaires – de l’école élémentaire au secondaire –, lors de l’exposition À balles réelles du photographe Jean-Robert Dantou (Agence Vu’) en juin 2024.
Du côté plastique, j’ai eu la chance de réaliser la couverture de l’ouvrage Le bleu n’abîme pas de l’autrice Anouk Schavelzon aux Éditions du Seuil et de publier des photographies dans des revues telles que Di#2, la revue Mouche, la revue Baragouine, le journal IPNS etc.
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Mon travail, entre écriture et photographie, s’inscrit dans un entre-deux où la mémoire affleure dans le réel, où le réel lui-même devient mémoire. Je cherche à rendre visibles ces brèches, ces glissements de perception où se mêlent ce qui est et ce qui a été — non pour les combler, mais pour en éprouver la vérité sensible.
Le territoire, et plus particulièrement les marges rurales, est devenu le lieu de cette exploration. Dans le cadre de mes recherches au sein du Master de Création Littéraire de l’université Paris 8 (2021–2023), j’ai tenté de saisir la réalité mouvante de ces espaces : leur silence, leurs tensions, leurs beautés minuscules. À travers un récit autofictionnel poétique nourri par les sciences sociales (Benoît Coquart, Nicolas Renahy, Yaëlle Amsellem-Mainguy) et la littérature contemporaine (Nicolas Mathieu, Marouane Bakhi, Aurélie Olivier), j’ai cherché à comprendre comment la mémoire personnelle et la mémoire collective s’enracinent dans un même sol — celui des existences discrètes, des vies souvent invisibles, invisibilisées.
Cette série photographique Tout en bas, la tendresse, amorcée en 2019, prolonge cette recherche. Réalisée dans le Limousin, et plus précisément en Creuse à Faux-la-Montagne — village où j’ai passé une grande partie de mon adolescence —, elle interroge ce que le souvenir fait au réel, et ce que le réel réveille du souvenir. Ce n’est ni un retour nostalgique, ni une étude sociologique, mais une traversée : celle d’un territoire chargé d’images, de présences, d’absences. Dans ces photographies, la jeunesse rurale se déploie entre ombre et lumière, entre la dureté du quotidien et la douceur des instants suspendus. La tendresse y devient une forme de résistance, un geste de vérité face aux clichés, un moyen d’habiter pleinement le présent sans effacer le passé.
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