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THOMAS HAMMOUDI

Ma formation artistique est musicale à l’origine. Mais au début de ma vie professionnelle, j’ai choisi de privilégier la photographie. Elle me permettait de travailler seul sur des projets, d’être autonome, d’avancer sans avoir à concilier les agendas et envies des autres. Depuis, elle et moi, on ne s’est pas lâchés. Je travaille en argentique et en numérique, sans faire de distinction hiérarchique entre les deux. Un bon outil est un bon outil.

J'aime les images dures ("Dures à apprécier, dures à regarder, dures à faire, dures à comprendre" comme dirait Meyerowitz). S’il est toujours difficile de lister ses influences de façon exhaustive et précise sans composer de liste interminable, je peux quand même dire que je me sens proche (et redevable) de photographes comme Joël Meyerowitz, Jean-Christophe Béchet, Alec Soth, Graciela Iturbide, Louis Faurer, ou William Eggleston.

Pour ma pratique, le sujet qui m'intéresse principalement est l’environnement urbain et son appropriation par ceux qui l’occupent. Je me suis découvert un certain goût pour la photographie de rue courant 2016, ce qui a abouti aux projets Intercité et AdieuParis. Où j’ai respectivement photographié mes allers-retours quotidiens Rouen-Paris dans les trains éponymes et effectué deux semaines non-stop de photographies de rue dans tous les arrondissements de Paris.

En 2019, après un road-trip en solo aux USA, j'ai produit le projet NORLANDO. Il a été édité en 2021 avec une préface de Jean-Christophe Béchet. La boucle était bouclée.

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Noctabilia

J’ai toujours aimé la nuit. Je ne sais pas de quand ça date, ni si c’est réciproque, mais j’ai toujours aimé la nuit. On a appris à s’apprécier lors d’un de mes emplois saisonniers, quand j’étais étudiant. Je travaillais de nuit, je vivais en complet décalage les jours de repos. Je ne voyais plus le jour, mais j’étais parfaitement éveillé la nuit. J’allais parfois courir un peu, dans les rues désertes de ma ville de campagne, afin d’essayer tant bien que mal de me fatiguer et de m’endormir une heure plus tôt. On a la forme à 20 ans.

J’aime la façon dont la nuit s’empare du monde et change tout, compris la perception de ce qui m’est familier. Les rues que je connais par cœur, une fois sombres, deviennent inquiétantes. Dans le silence, chaque bruit alerte. Tout est pareil et tout est différent. Cette impression de décalage, on peut passer à côté. Elle se mérite. Si l’on ne fait que traverser la nuit par nécessité, en allant du point A au point B sans passer par tout l’alphabet, on peut en manquer des bouts. Il faut prendre le temps, s’attarder un peu. Plonger dans l’eau froide.

C’est sur cette sensation, ce décalage, que portent les images de Noctabilia. Notabilia est la contraction du latin Noctus, la nuit, et Notabilia, ce qui est notable.

Le projet est né à la moitié de l’année 2018 à Rouen, dans une période de transition. D’une vie qui ne me plaisait plus vers celle qui m’épanouit actuellement. J’étais coincé entre un job qui ne me correspondait pas et une relation sentimentale qui touchait à sa fin, la nuit a été ma bouffée d’air frais. « Car l’obscurité restaure ce que la lumière ne peut réparer. » comme disait le poète Joseph Brodsky (1940-1996). Puis tout a changé, la ville, l’amour, le travail et je n’ai plus ressenti l’envie de réaliser ces balades nocturnes. Le projet a naturellement touché à sa fin.

Noctabilia a été réalisé entièrement en argentique, avec plusieurs appareils et des pellicules différentes. Non pas parce que c’est mieux (c’est un moyen comme un autre), mais parce que je voulais un rendu plus organique, plus brut. La nuit est étrange, bizarre, imprécise et l’argentique permettait de conserver cela dans les images.

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