STÉPHANE JACQUEMIN

J’ai 49 ans, je vis et travaille en Provence (France). Je suis photographe et psychanalyste, ces deux activités se fécondent mutuellement pour éclairer mes questionnements sur l’être humain.
C'est au collège, lorsqu'un professeur épris de photographie et de poésie m’a ouvert à l’expression sensible, que j'ai découvert la chambre noire et sa capacité de révélation, cette expérience m’a ému et fasciné. Après avoir utilisé la photographie pour capter des moments du quotidien, je l’ai réinvestie pour développer une activité d’auteur-photographe depuis 2017.
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La pratique photographique m’amène à capter, dans l’environnement présent, ce qui fait écho ou résonne avec des événements passés, comme autant d’éléments invitant à déployer pensée et imaginaire. Pour cela, j’arpente des lieux historiques afin d’en saisir des manifestations subjectives ou manifestes, sites mémoriels, territoires chargés d’histoire, monuments, espaces naturels ou paysages.
Le révisionnisme historique fait régulièrement retour dans l’espace médiatique, ainsi que la banalisation des discours à tendance fascistes. Dans ce contexte, il m’est apparu important de produire une nouvelle manière de raconter l’histoire. Notamment celle du plus grand génocide d’Europe, qui fit basculer le monde occidental et la représentation de ce que l’Homme est capable de faire à l’Homme lorsqu’il est aux prises avec des idéologies raciales, xénophobes ou antisémites.
Je me suis rendu au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, imprégné de son histoire et de témoignages de rescapés. Ceux-ci ont été victimes et témoins des crimes nazis et de leur négation. Leurs récits ont depuis longtemps nourri mes réflexions sur l’être humain.
Cet ensemble de photographies comprend 21 portraits d’arbres accompagnés de textes racontant l’histoire du génocide et de sa négation à travers chacun de leur emplacement. Certains arbres étaient là il y a 80 ans, ce sont des témoins, vivants, humbles et silencieux, du massacre de masse et de sa négation.
Les tirages sont produits par l’auteur sur papier Canson Rag Photographique 310g contrecollés sur Dibond, sans cadre, sans vitre, des photographies en prise directe avec le spectateur, dans toute leur vulnérabilité, à l’image de la mémoire qui, fragile, a besoin d’être constamment réactualisée pour être préservée et transmise aux générations futures.

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