PIERRE-OLIVIER COLOMBAT

Je m’appelle Pierre-Olivier Colombat, j’ai 34 ans, je suis travailleur indépendant (rédacteur et correcteur pour la presse). Originaire de la Haute-Loire, j’ai voulu voir du monde : ainsi ai-je obtenu une licence de philosophie à l’université du Québec à Montréal, où j’ai travaillé pendant trois ans dans une maison d’édition, puis exercé divers métiers ici et là.
J’ai découvert Saint-Étienne en 2013 lorsque j’ai décidé d’obtenir un Master édition d’art, dispensé par l’université Jean-Monnet. J’ai aimé vivre dans cette ville. J’ai dû la quitter pour trouver du travail. J’ai décidé d’y revenir pour m’installer et vivre avec ma famille et je pensais retrouver une ville agréable à vivre. Je regrette que les habitants n’en prennent pas soin.
J’ai été filmeur-portraitiste le temps d’un été sur les plages de la côte d’Azur et je pratique depuis la photographie numérique en amateur et j’ai un compte Instagram.
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En photographiant les vitrines fermées des magasins, boutiques, échoppes du centre ville de Saint-Étienne, j’ai envie de montrer une esthétique du laisser-aller, de l’abandon, de l’altération, de la dégradation, de la décomposition, du délabrement, de la détérioration, de la déliquescence.
Le centre ville de Saint-Étienne connaît le même phénomène que connaissent les villes d’Amérique du Nord : une paupérisation. Il est plus attractif de vivre en dehors de la ville, où la qualité de vie est meilleure. Les classes les plus aisées quittent le centre ville et toute la ville pour s’installer en banlieue, dans l’espace dit "périurbain" : là on peut avoir un bout de gazon, un garage et une piscine.
Les pauvres restent dans le centre ville. Où meurent les boutiques, ateliers, commerces de proximité... notamment à cause de projets comme la construction de grands centres de consommation et de divertissement, en dehors de la ville. Volonté politique. Quelle volonté exactement ?
"Préférons le défi !" lançait en guise de mot d’ordre le Maire de la Ville pour se faire réélire. Que ces photos lui montrent l’urgence de se mettre au boulot pour les habitants de sa ville. Mes photos ne sont ni politiques, ni sociales, et ne se prétendent pas militantes. Ces photos entendent montrer le centre de la seule ville française désignée Ville créative pour le design par l’UNESCO : Saint-Étienne.
Ces photos veulent donc faire le portrait d’une ville au centre de laquelle j’habite, que je parcours avec mes enfants au quotidien. Une ville qui suinte, qui se délite, une ville qui pue, une ville crade.

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