MAXIME MICHELET

Photographe de son état, Maxime Michelet se penche depuis plusieurs années sur la place qu’on ne laisse pas, et la façon dont celle-ci est réclamée.
Dès ses débuts, les portraits intimistes, flanqués de récits de vie, lui ont permis d’aborder, droit dans l’œil et l’objectif, les aspects complexes des identités LGBTI.
Au même moment, son amour pour la photographie de rue lui donne accès aux crevasses de villes centrifugeuses marquées par les inégalités.
Aujourd’hui, son travail porte l’accent de ses racines méridionales. Mêlant avec enthousiasme les codes de la photographie de mode, de la mise en scène et du reportage ethnographique, il veut redorer les blasons : la terre, le sang et la tradition.

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La Déglingue.
Par la mise en place de sa zone à faible émission, la métropole du Grand Paris a depuis juillet 2019 commencé à interdire la circulation aux véhicules jugés trop polluants. La classification Crit’Air, allant de 1 à 5, prévoit donc la mise au ban progressive de nombreux moteurs diesel et de voitures construites avant l’an 2000, pour un horizon 2030 100% propre.
Cet objectif qui, avec justesse, cible le trafic routier dans et autour de la capitale, s’assortit d’une refonte des mobilités et du renforcement des réseaux déjà en place, comme celui de la RATP et de la SCNF.
L’extension et la modernisation du métro, la multiplication des pistes cyclables, la création de nouvelles voies et places pensées pour les piétons, constituent autant de projets qu’il y a de futurs, mobiles et verts, pour le Grand Paris.
Ces changements imposent un adieu inexorable aux voitures mythiques qui ont constitué le paysage routier français des décennies passées. De la Twingo I qui conduit Monsieur Tout-le-monde au travail, au Scénic I qui emmène sa famille en vacances ; bientôt disparaîtront ces bolides « déglingués », figures roulantes d’une époque révolue.
La série d’images constituée ici met en scène cet adieu dans des lieux évocateurs de transition des mobilités. Du centre bus de Belliard au port de Gennevilliers, en passant par un chantier d’extension de la ligne 14 et un entrepôt de stockage de Vélib’, la confrontation entre un présent et ses futurs se fait entre poussière et lumière.
Les conducteurs de ces voitures, récalcitrants ou résignés, embrassent une dernière fois le capot, puis font biper leur Navigo.


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