MATHILDE CUDEVILLE

Mathilde Cudeville est une photographe, née en 1989. Elle vit et travaille entre Paris et Porto. Après des études d’art à la Sorbonne à Paris, elle obtient un bachelor en photographie en 2014. Passionnée par la faculté qu’ont les images de raconter voir transcender toutes sortes de réalités, sa pratique artistique s’articule autour du médium photographique et du tirage argentique.Elle s’est dans un premier temps intéressée à l’insularité et aux territoires isolés, notamment à travers un documentaire sur l’archipel de Saint-pierre-et-Miquelon (« Les onze mille vierges »). Elle a ensuite réalisé un livre par correspondance en se prêtant au jeu du cadavre exquis avec une écrivaine restée à Paris. Cet ouvrage est un dialogue fugace photo/écriture qui questionne la notion de solitude. S’en est suivi une série d’autoportraits (« Rêverie Odisseia ») où elle se met à nu au sens propre comme au figuré, mue par le désir de s’explorer toujours davantage, corps et âme confondus. La série « En supension (S) » s’inscrit dans une démarche duale tout aussi libérée, utilisant l’altérité comme véhicule. Sans fard ni masque.Depuis 2021, elle travaille pour différents clients en publicité au sein de la société 2regards qu’elle a cofondé avec Paulo Bastos. Elle collabore également avec la Mairie de Paris, et des établissements scolaires à travers des interventions pédagogiques d’éducation à l’image. Le style de Mathilde est empreint d’intimisme et de singularité, ses travaux personnels oscillent entre photographie d’ambiance et photographie plasticienne, ils ont été exposés dans différentes galeries en France et à Porto et ont été présentés durant les deux dernières éditions du mois de l’image de Porto.
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Paysage sans caractère stable ni bornes, en perpétuel mouvement, lieu où tout change sans que rien ne change vraiment, à la fois tout à fait concret et presque abstrait, l’océan semble déborder de sa définition géographique pour désigner une expérience sensible, profondément intime et pourtant largement partagée. Une expérience qui convoque ce que Romain Rolland a nommé « sentiment océanique ».
Une sensation de ne faire qu’un avec l’univers marin, à travers la goutte, la vague, la mer... une sensation de plénitude, une émotion proche de l’extase.
Cette sensation d’être immergé dans un grand tout est plus que jamais exacerbée par le contexte écologique, dont les enjeux échappent encore souvent à notre perception et dépassent notre échelle humaine d’espace et de temps. La transformation des océans face aux changements climatiques et à l’effondrement de la biodiversité constitue un véritable défi tant pour le passage à l’action que pour la prise de conscience d’un processus parfois insaisissable. Alors que la modernité a basculé vers une industrialisation effrénée, une pollution endémique et une surexploitation exponentielle des océans, ces étendues d’eaux sont en perdition. Or c’est l’océan qui abrite les phénomènes qui rendent notre planète habitable, il est le plus grand des écosystèmes, il stabilise le climat en absorbant plus de la moitié des émissions de CO2. L’océan est aujourd’hui un enjeu de taille infinie.
Au-delà de son mystère qui me fascine depuis l’enfance, il est à la fois patrimoine naturel de l’humanité et berceau de mon imagination, il est le lieu d’où émergent nos mythologies, le lieu de tous les départs et de toutes les découvertes, celle de soi y compris. J’ai voulu à travers cette série photographier l’océan pluriel avec le respect et la sobriété qui lui est dû, en vue de questionner son avenir tout en m’interrogeant sur le mien.
Inspirées de l’oeuvre du peintre allemand Gerhard Richter, mes photographies apparaissent comme des tableaux, des songes colorés. L’utilisation de pellicules photographiques périmées nous plonge dans un récit poétique, où la couleur donne à voir et à sentir la beauté des mers. Au fil des images, l’océan apparait sous différentes formes, en permanence ambigu, avec ses incertitudes, ses reliefs, ses grondements, ses visées, ses transformations.
L’océan serait-il le miroir de nos âmes?
À travers cette série, j’ai cherché à créer un imaginaire, un cadre positif et optimiste qui me semble nécessaire pour que chacun porte un regard nouveau sur la nature dans son ensemble et trouve les moyens et l’inspiration de mettre en oeuvre les changements qui nous conduiront vers un monde plus respectueux et responsable.

Mathilde Cudeville

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