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DIDIER THOMAS

Je fais de la photo depuis toujours mais je ne suis sorti d’une pratique amateur que depuis que j’ai arrêté mon activité professionnelle. J’ai alors commencé à travailler sur des séries dans le cadre d’un club photo.
En 2019, j’ai suivi un workshop animé par Sylvie Hugues et Jean-Christophe Béchet. Ce stage a été une première ouverture sur une démarche photographique plus artistique.
D’octobre 2021 à juin 2024, j’ai suivi les cours des Ateliers de Pratiques Amateurs de l’ESAD Orléans sous la direction de Sophie Carles. Avec l’étude des différents courants de la photographie et grâce aux travaux réalisés durant ces trois années, j’ai pu m’ouvrir plus largement à une approche artistique de la photographie.
Parallèlement à cette formation, nous avons créé, avec plusieurs élèves du cours, un collectif de photographes (APArtés) pour développer un travail en commun. Notre premier travail a porté sur la « dé-humanisation » de la Sologne.
Depuis, je poursuis une recherche personnelle et des travaux avec le collectif.

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La Maison
1957 : c’est l’été. Nous venons d’emménager dans une nouvelle maison et quelqu’un (mon grand-père ?) va nous prendre en photo. Mon frère, assis sur une chaise basse, me tient sur ses genoux. Nous regardons tous les deux sur le côté. Derrière, mes parents sourient et ma mère touche tendrement le bras de mon père. Le photographe déclenche. C’est pour moi le tout début d’une très longue relation avec « La maison » !
Les images suivantes montrent l’extérieur de la maison, la chaume (l’ancien champ de foire), la chapelle, des éléments qui ont laissé leurs empreintes sur la maison et ses habitants. On voit aussi toutes celles et tous ceux qui sont passés dans cette maison et qui pour la plupart y ont vécu des moments marquants.
À l’intérieur de la maison, il y a d’abord la cuisine, là où sont cuits les poulets, le boudin blanc d’Ulysse, la bûche de Noël ou les madeleines de Lulue. Les enfants et les petits-enfants sont souvent assis sur les marches de l’escalier à regarder comment sont fabriquées toutes ces bonnes choses. Ils en retiendront l’envie de poursuivre la tradition en refaisant ces recettes tellement appréciées.
Et puis il y a la salle à manger où il fallait souvent déplacer les meubles pour accueillir les immenses tablées pour les baptêmes, les communions, les mariages... mais aussi pour les enterrements.
Pour aller dans le jardin, il faut passer par la véranda, là où ma mère aimait tant faire la sieste dès qu’il y avait un rayon de soleil.
Les dépendances conservent quant à elles, les traces de présence de mon père, ses ficelles bleues et ses bidons mais aussi la dauphine que mon frère n’a pas eu le temps de restaurer.
Le temps passe, la nuit vient, tout le monde est parti, une dernière image devant la maison, un dernier regard sur la chaume avant de transmettre les clés aux nouveaux propriétaires.
2025 : en réponse à la première image, les descendants de la lignée parentale sont réunis autour de nous pour fixer ces quelques 70 années de vie. Dans quelques années, ils regarderont peut-être ces images en se disant « ah, c’était ça la maison des Bourdelins ! »




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