DIDIER DE NAYER
Pratique la photographie depuis 1970 ; d'abord intéressé par le reportage, il commence des recherches plus expérimentales à partir de 1980, notamment sur le flou et le mouvement, ainsi qu'un travail sur la mémoire et les souvenirs d'enfance, l'urbex et le dessin sur négatif. Il a reçu le prix Air France/Ville de Paris en 1984, le prix Ilford N&B en 1988, le prix Agfa Classic en 1996, le 3ᵉ prix Leica/photovisions de Montpellier en 1992 et poursuit une œuvre ouverte à l’innovation.
______________
HISTOIRE, MATIÈRE, RELIEF
Longtemps, j'ai nagé, sans m'en soucier, auprès de ces masses angoissantes abandonnées, incarnation d'une architecture brutale de premier ordre, posées en désordre sur les côtes de France, inamovibles blockhaus laissés par la guerre sur les plages… À chaque marée, l'eau s'engouffrait par vagues successives à l'intérieur, créant des tourbillons et des remous, avec le fracas assourdissant se répercutant en écho dans l'obscurité. Et j'en ai vu, de ces monstres de béton… jusqu'à édifier mon Mur de l'Atlantique. J'ai photographié ces restes belliqueux en recherchant l'invulnérabilité du béton et la force terrible engendrée par les volumes monstrueux et martiaux. J'ai froissé le papier pour incorporer une texture avec un effet de matière dans les rayons lumineux, et l'empilage des strates décalées pleines d'imperfections suggère un relief inabouti dans un approximatif émotionnel saisi dans une actualité anxiogène.
![]() | ![]() | ![]() |
|---|---|---|
![]() | ![]() | ![]() |






