CLÉMENT COLLANGE
Photographe diplômé d'un DNSEP (Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique) de l’École Supérieure d'Art d'Aix-en-Provence, où il a obtenu les félicitations du jury pour l'originalité et la profondeur de sa démarche artistique. Son travail se situe à la croisée du réel et de l’imaginaire, explorant les territoires et les espaces à travers des prismes poétiques et oniriques.
Son parcours photographique a débuté par une approche numérique, où il a d'abord exploré les possibilités offertes par la technologie moderne pour capter et manipuler les images. Cependant, au fil du temps, Clément Collange a ressenti le besoin de revenir à une pratique plus traditionnelle en retrouvant la photographie argentique. Ce retour à l’argentique lui permet de renouer avec la matérialité de l'image, avec le temps et le processus de développement qui, selon lui, donnent une nouvelle profondeur et un caractère particulier à ses œuvres.
Influencé par la cartographie, l’archéologie et l’exploration sensorielle, il cherche à faire émerger les récits invisibles et les couches de mémoire qui façonnent les lieux. Chaque image devient une cartographie des sensations, une lecture intime et personnelle des paysages qui s’éloigne de la simple documentation pour inviter le spectateur à percevoir les espaces sous un angle nouveau et sensible.
Loin de se limiter à l’apparence, ses photographies interrogent l’essence même des territoires, qu’ils soient urbains ou naturels, à travers des déambulations nocturnes et diurnes où la lumière, l’ombre et les textures deviennent les vecteurs d’une exploration poétique. Le rêve et l’imaginaire jouent un rôle central dans sa démarche, où l’espace se transforme, se redéfinit et se réinvente à chaque photographie.
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Mon travail photographique se situe à l’intersection entre exploration, mémoire et rêve. Il s’inspire de pratiques telles que la cartographie et l’archéologie, mais plus encore, il cherche à réinventer ces démarches. Mon approche du territoire n’est pas simplement visuelle : elle est une quête qui se nourrit de l’imaginaire, du subconscient et des strates invisibles des lieux. Je m'intéresse à la manière dont les territoires – urbains ou naturels – sont chargés d'histoires, de récits non dits, et à la façon dont ces histoires s’entrelacent dans le tissu même de l’espace.
Loin de me contenter de documenter, je cherche à « fouiller » ces territoires, à les approcher comme un cartographe ou un archéologue explorerait un terrain inconnu, en quête de traces enfouies, de vestiges, de fragments oubliés. Mais mon approche n’est pas littérale ; elle est métaphorique, poétique. Chaque photographie devient une sorte de carte du rêve, une reconstitution imaginaire où le lieu et son histoire se confondent. La lumière, le silence, les ombres et les contours deviennent des indices, des signes qui permettent de « lire » l’espace d’une manière nouvelle.
Le rêve et l’imaginaire sont des éléments essentiels de cette démarche. La nuit, en particulier, avec ses zones d’ombre et de lumière fragmentée, ouvre des possibilités infinies pour explorer le territoire d’une manière déformée, altérée, comme si l’espace était lui-même un archétype en constante évolution. La lumière, dans cette recherche, n’est pas simplement un outil technique, mais un moyen de faire ressurgir ce qui se cache dans l’obscurité, de dessiner les contours d’un lieu tout en maintenant sa part de mystère et d’énigme.
Dans ma pratique, je m’efforce de faire parler le lieu lui-même. Je ne cherche pas à imposer une vision, mais à laisser le territoire révéler ce qu’il porte en lui, à travers des jeux de lumière, de formes et de textures qui questionnent notre perception de l’espace. À l’image d’un archéologue qui, par des fouilles minutieuses, met au jour des éléments du passé, je cherche à faire émerger les couches invisibles de chaque territoire, celles qui sont souvent ignorées, oubliées ou effacées par le temps et l’oubli.
Ce processus créatif est une invitation à une lecture alternative des lieux que nous croyons connaître. Chaque image devient une tentative de redécouvrir l’espace sous un autre angle, de rendre visible ce qui se trouve à la frontière de la mémoire et de l’imaginaire. Ce n’est pas tant l’image en elle-même qui m’intéresse, mais ce qu’elle permet de révéler : un terrain suspendu entre le passé et le présent, entre l’intime et l’universel, entre ce qui est visible et ce qui est caché.
Ainsi, mon travail cherche à offrir au spectateur une expérience de l’espace, à la fois réelle et rêvée, un territoire à explorer, à travers des traces et des signes qui invitent à une réflexion sur notre relation au monde qui nous entoure, à la mémoire collective, et à l’histoire secrète des lieux.
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