CLAIRE DIAS-LACHÈSE
Prises de vue argentiques réalisées au sténopé, une simple chambre noire pourvue d’un trou d’épingle pour objectif. Ce matériel me laisse le choix du format des photographies, me permet des accidents dans l’image. Je suis au plus près de l’image dans sa création. J’interviens physiquement sur l’image. On peut d’ailleurs apercevoir sur mes photographies la matière de la fabrication : des traces de scotch, des inscriptions sur le bord de la pellicule. Inscriptions et traces qui se retrouvent faisant partie de l’œuvre.
Les longs temps de pose et le fait que les modèles ne doivent pas bouger m’ont donné le titre de cette série Temps suspendus et le titre de chaque photographie réalisée qui n’est autre que le temps de pose qu’il a été nécessaire à l’impression de l’image, plus ou moins long suivant la lumière.
Ce sont des impressions au sens propre comme au sens figuré. Des moments notés.
En regardant ces photographies, une sensation d’intemporalité s’en dégage. Le spectateur se retrouve seul scénariste de chaque scène. Un décor, des personnages en attente, on a l’impression qu’ils sont immobiles à attendre le mot « action ».
Ma démarche artistique se nourrit d’écrits sur la découverte même de la photographie, de recherches sur l’optique et la vision, d’artistes comme Michael Snow dont l’œuvre questionne ces notions. Assumant le hasard qui est maître-jeu de mes images, ce mode de représentation est celui que j’ai choisi pour m’interroger sur la perception visuelle en empruntant un des sillons creusés par Merleau-Ponty dans Phénoménologie de la perception.
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