CHARLES GUY

Architecte DPLG, Charles GUY est un des pionniers de l’image de synthèse d’architecture. Au milieu des années 80 avec son frère Olivier, il fonde la société IKONE infographie qui œuvre pendant quinze ans pour la communication des architectes et glane de nombreux prix ou récompenses en France et à l'international.
Au passage de l'an 2000 - Interlude - Charlie fait s’envoler des dizaines de milliers de ballons tout autour du monde en même temps qu'autant de vœux à l’Humanité pour fêter dignement le nouveau millénaire, avec le soutien du Dalaï-Lama, d’une trentaine de députés français et européens, de milliers d’enthousiastes et les lauriers de la Région Ile-de-France.
À cette occasion il lance son premier site Internet traduit en 10 langues dont l’esperanto par des internautes bénévoles du monde entier.
Tombé très tôt dans la bassine du numérique, il aime bien être plusieurs à la fois. Webdesigner, vidéaste, réalisateur multimédia, il nous intéresse surtout de dire ici qu’il est photographe, et, derrière ses gros calibres, expert du cadrage et des photos d'architecture.
Voyageur, mais pas solitaire, il partage ses découvertes avec Michelle AUBOIRON, peintre dont il est le premier admirateur et le compagnon. Dans leurs cabinets de curiosités que sont les villes, il capte compositions, ambiances et perspectives dont il se joue. À Hong Kong, ses bouquets de tours s'épanouissent comme des fleurs, ses tramways s’amusent, ses climatiseurs s’échauffent... À la Havane, son architecture se dissout, ses bagnoles font des mines... À Versailles, dans les jardins, une Tour Eiffel se pavane, ses bronzes jouent les pleureuses, l'Orangerie exhibe ses dessous... À Chicago, ambiance polar en noir et blanc, ambiance sci-fi en couleur... c'est toute l'architecture qui fait son cinéma...
Sonores, les photos de Charlie nous mettent de gros vacarmes et de curieux silences dans les yeux. Et, entre deux bouquets de buildings et un reflet, un éclat de lumière ou une avalanche de fenêtres, il y a toujours un sourire qui pousse.
Chantal Pelletier.
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CHICAGO SESSIONS - NOTE D'INTENTION
Après un repérage d’une quinzaine de jours en 2014, nous nous y sommes installés Michelle AUBOIRON et moi pour deux mois et demi au printemps 2015. Pendant que Michelle peignait la rue en live, j’ai pu arpenter la ville, et l’explorer sous presque toutes ses coutures à la recherche d’images singulières d’architecture et de lumière. Je cherchais des images qui pourraient révéler quelques indices sur l’identité secrète de la ville, son âme...
Implantée à l’embouchure de la Chicago River sur le lac Michigan, j'apprends vite qu'il règne souvent à Chicago une atmosphère éthérée, brumeuse, effet du conflit de température entre masses d'air venant du pôle nord et masses d'eau du lac Michigan. Ce phénomène provoque de fabuleux effets de brume qui, se cumulant aux réflexions du soleil dans les façades contemporaines forment avec l'architecture des compositions d'ombres et de lumières absolument irréelles. Autre surprise, la métropole est très ventée - d'où son surnom de windy city – et, conséquence de l'effet Venturi, les plus hauts édifices de la ville sculptent littéralement les nuages par grand vent.
Chicago est une ville jeune. Moins de deux siècles. Le visiteur y prend ses repères et ses marques en un clin d’œil, avantage du plan tramé caractéristique de beaucoup de villes américaines. Son passé industriel lourd transparaît à travers l’importance et le design de ses infrastructures de transport historiques :
Celles du « L » qui ceinture et délimite le loop, « L » pour elevated, le métro aérien, dont les tentacules métalliques s’étirent sans limites apparentes jusqu’aux confins de lointaines banlieues...
Celles des ponts à bascule en métal riveté, typiques d’une architecture d’ingénieurs, qui enjambent la Chicago River suivant la trame, sans préoccupation pour l’angle qu’ils dessinent avec le fleuve...
Celle des nombreux réseaux ferroviaires parfois entrelacés dont certains tronçons, par le jeu des faillites et fusions successives des compagnies de train jadis concurrentes, sont aujourd’hui abandonnés, avec leurs ponts figés en position levée pour l’éternité...
Chicago est une ville à fabriquer du mythe et des fantasmes – ce qu’ont bien
compris, et depuis longtemps, les écrivains, les cinéastes et les photographes. La théâtralité de la ville, sa verticalité, les jeux de lumières sur les façades, l’architecture historique et ses escaliers de secours qui tissent leurs toiles de métal sur les façades en brique, la contemporaine et ses parois aux jeux de miroirs kaléidoscopiques, tout invite ici à la mise en scène.
A la suite du grand incendie qui ravagea la ville en 1871, il fallait tout reconstruire... et pas question cette fois d’utiliser le bois...
Chicago fut alors le théâtre d'une révolution décisive dans le domaine de l'architecture et de la construction : l'avènement du skyscraper, rendu possible par la mise en œuvre de structures en acier ainsi que de matériaux nouveaux comme le fer forgé, le ciment ou le verre armé et bien sûr l’invention de l’ascenseur à frein-parachute par Otis.
Ainsi s'affirma l’Ecole dite de Chicago dont les architectes Daniel Burnham, Martin Roche ou encore Louis Henry Sullivan sont parmi les plus éminents représentants qui auront légué à Windy City un fond d’architecture absolument unique.
Citons aussi l’École Prairie et son porte-drapeau, Frank Lloyd Wright, qui construisit des maisons par dizaines (notamment la fameuse Robie House), avant qu’adviennent les Mies Van der Rohe, Skidmore, Owings & Merrill et, de nos jours, Frank Gehry ou encore le studio Gang...
Vous l’aurez compris, Chicago est une ville d’architecture... et un terrain de jeu exceptionnel pour un photographe...

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