BENJAMIN DECOIN

Benjamin Decoin est né dans une famille d’artistes, un pied à Paris et l’autre dans l’eau salée.
Après des études légères de philosophie, il commence par écrire dans la presse spécialisée cinéma. Parallèlement il voyage, souvent sur mer, ramenant textes et photos. Il passe alors de l’image animée à l’image fixe et son intérêt pour l’humain l’amène à photographier des personnalités, artistes ou comédiens.
Il est aujourd'hui basé à Paris. Il travaille dans son studio ou à l’étranger, et, parallèlement, continue de naviguer sur toutes les mers qu’il rencontre.
De ces navigations, outre de nombreux reportages dans la presse, sont nés notamment un livre en 2015 sur le trois-mâts Belem et, en 2017, un ouvrage sur le porte-avions Charles de Gaulle.
Son intérêt pour l'Histoire contemporaine et l'influence du « bloc » communiste sur le monde d'aujourd'hui l'ont amené́ à travailler sur les anciens pays soviétiques et leur héritage (Europe de l'Est, Cuba, Asie du Sud-est, Chine, Corée du Nord). Est notamment paru en 2016, aux éditions du Chêne : Corée du Nord, plongée au cœur d'un Etat totalitaire.
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Depuis que le réchauffement climatique est une question au cœur de l'actualité́, les sirènes du nucléaire se font plus pressantes. 450 réacteurs sont en activité dans le monde, une cinquantaine sont en construction. Tous plus sûrs les uns que les autres.
Tout et son contraire a été dit, documenté, filmé, photographié concernant Tchernobyl.
Ce qu'il reste, 30 ans après l'accident du numéro 4, c'est une nature belle et sauvage, peuplée de loups et d'ours. L'empreinte industrieuse de l'homme s'est effacée, l'empreinte des radionucléides est invisible et inodore. Et pour l'entendre il faut s'armer de compteurs Geiger.
Des milliers de femmes et d'hommes sont retournés vivre dans cette zone, qualifiée d'interdite, d'hostile, de dangereuse. Il en reste aujourd'hui 150, qui survivent comme ils peuvent, en cultivant leur potager, en chassant, en pêchant. Leur plus grand ennemi n'est pas la radiation mais l'état ukrainien ou, plus précisément, son absence.
Le temps s’est arrêté le 26 avril 1986 et lors d’un de mes voyages j’ai voulu parcourir la zone avec un Polaroïd de l’époque.
Dans quelques années on annoncera que la zone peut de nouveau être cultivée, industrialisée, puis habitée. Mais sous la neige blanche, sous l'herbe verte, il restera pour quelques centaines de milliers d'années les nucléides les plus lourds, qui s'enfonceront, au rythme lent d'un centimètre par an. Une empreinte invisible et éternelle.

©BENJAMIN DECOIN
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