ARTO PAZAT
Extension du domaine de l’absence.
Cette suite, plutôt que série, propose un parcours extrait d’un plus vaste projet sans cesse mis au travail et jamais clos sur la perte, l’absence.
… l’absence comme mémoire. Et si la mémoire c’était l’oubli. Non pas l’inadvertance, mais cette douleur à reconstruire le souvenir en place de l’oubli. Ainsi la mémoire serait toujours fictive, ré-construction, à peu près, d’écart, ajustée … Le souvenir seulement un amer confusément entre aperçu d’un océan toujours agité sur une terra incognita mal identifiée.
J’écrivais encore à l’être aimée : « Nous avons été séparés durant dix-huit ans, mais jamais toute une semaine » pour signifier combien une plaie ouverte par la perte ouvre sur l’absence à jamais. Il n’y a pas de remède à la perte, c’est une condition première. Et c’est ce qui désigne, fonde la mémoire. « Le passé n’existe plus, on ne bâtit pas sur le passé, c’est irréaliste ... »
Ces images sont autant de fragments internes, imaginaires même s’ils furent factuels, autant d’indices que d’amers inaliénables après le départ inacceptable. La perte reste irremplaçable, l’absence une présence menaçante d’effondrement.
« Nous voilà devenus l’oubli que nous serons ? La poussière élémentaire qui nous ignore ? » J Luis Borges.
©Arto Pazat. Novembre 2025.
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