ANTOINE LEMAIRE

Ingénieur agronome de formation, j’ai commencé ma vie professionnelle dans les champs de canne à sucre en Guadeloupe, au début des années 1990. Puis rapidement, je me suis tourné vers le conseil en organisation où j’ai découvert un tout autre univers. Durant près de 30 ans, j’ai sillonné le monde, alternant plusieurs expatriations, notamment en Australie, de 1998 à 2002, et en Afrique, de 2008 à 2012.
Et j’ai profité de mes différentes missions à travers le monde pour m’adonner à ma passion, la photographie, en cherchant à capturer, au travers de mes photos, la beauté, la diversité, mais aussi la dureté et parfois la déchéance de notre planète.
De retour en France aujourd’hui, je me suis reconverti dans la photographie documentaire en 2019. Ma passion est devenue ma profession.
Je travaille actuellement à une série sur la pêche traditionnelle à travers le monde et la difficile vie des hommes qui en sont les acteurs.
Je vous présente ici le premier volet de cette série.
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Les Fanti sont des pêcheurs d’origine ghanéenne qui se sont installés en Côte d’Ivoire à la fin du XIXème siècle. Le petit village d’Assinie-Mafia, situé à l’embouchure de la lagune d’Aby, à l’extrême Est de la Côte d’Ivoire, constitue l’une de ces petites colonies.
Six jours par semaine, la dizaine de pirogues du village se met à l’eau dès les premières lueurs de l’aube. Le franchissement de la barre constitue la première étape, spectaculaire mais dangereuse, d’une journée qui va être rythmée par la pose et le relevage des filets de pêche, qu’il s’agisse de filets à grosses mailles posés au fond de l’eau ou de filets dérivants à petites mailles pour la pêche à la sardine. Au fil des heures, Cabran et ses frères, posent et remontent les centaines de mètres de filets, sans répit, avec des gestes de métronomes et un équilibre insensé, et ce quelles que soient les conditions météorologiques.
Seule une mauvaise pêche peut les inciter à rentrer plus tôt. Hélas, ces journées raccourcies sont de plus en plus nombreuses ces dernières années, la pêche industrielle et souvent illégale des navires chinois ayant appauvri toutes les côtes de l’Afrique de l’Ouest. Et c’est souvent avec un maigre butin, glané au risque de leur vie (près de la moitié des pêcheurs ne savent pas nager), qu’ils rentrent au village.
Le halage des bateaux par les hommes du village, rythmé par leurs chants et le ressac de la mer, est néanmoins un moment de joie partagée, la bonne humeur ne les quittant jamais.
La journée s’achève paisiblement par le raccommodage des filets. Une nouvelle journée se prépare déjà.

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