ANNE MURAT

Diplômée d’un master de sciences politiques et d’un triple diplôme européen de langues étrangères, Anne Murat a développé au cours de sa formation intellectuelle un questionnement singulier, reliant géopolitique et psychologie. Dans ses travaux artistiques, elle interroge la notion de changement et le rapport entre l’homme, l’environnement et la politique : « qu’est-ce qu’être humain dans un monde en mutation accélérée ? »

Nourrir son goût de l’observation, de la recherche et de la transmission. 
Observer le monde pour chercher à renverser un point de vue acquis. 
Révéler une nouvelle manière de voir, de se remettre en question ou déstabiliser des croyances, en vue d’inviter un changement nécessaire au changement de paradigme.

Son travail photographique, influencé par les critiques de la post-modernité, questionne notre rapport au temps et au monde. « You are Here », « Out of Nowhere », « Urbex T-Rex » soulèvent les questions du devenir de l’humanité et de l’espace naturel, dans un contexte historique de crise systémique. Mondialisme, extractivisme, individualisme, consumérisme, les quatre piliers du Capitalocène vacillent alors que climat, biodiversité, inégalités, replis identitaires, transhumanisme font peser sur l’humanité et le vivant des défis et une incertitude inégalés. « Digital Me » invite à une réflexion sur la raison d’être du narcissisme contemporain dans un tel contexte. « Le chant des Sirènes », portraits de la Chine contemporaine au Polaroid, le long du Yangzi, propose d’embrasser les désirs et visions de l’avenir des Chinoises et des Chinois.

Ses films lui permettent d’explorer les passerelles entre documentaire, fiction, essai. Des bidonvilles de Jakarta (Bukit Duri), aux drames humains ignorés de Bali (Suryani), de la lutte pour les droits des indigènes philippins sur l’île de Mindanao, aux prémisses de la transition birmane (Rangoon Cocoon), elle suit la métamorphose du continent asiatique avec passion. Elle brosse dans « les Sirènes du Yangzi », le portrait d’une Chine contemporaine complexe, étourdissante, contradictoire, témoignant de la démesure du pays, de son expansion effrénée et de son gigantisme sans limites, autant que de la joie, la gouaillerie, la convivialité de ses habitants. Elle observe avec une égale attention et exigence, l’articulation entre transformation personnelle (À quoi on joue ?) et transformation collective (Révolution intérieure) à l’œuvre en France et en Europe.

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