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PORTRAITS DE FAMILLE
UN LIVRE DE PATRICK BOTTER

ÉDITION NUMÉROTÉE DISPONIBLE EN PRÉACHAT À PARTIR DU 10 JUIN 2024

PORTRAITS DE FAMILLE

ÉDITION LIMITÉE, NUMÉROTÉE & SIGNÉE PAR LE PHOTOGRAPHE

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Corridor Éléphant Éditions propose depuis dix ans des livres d’artistes émergents en édition de collection, limitée, numérotée et signée.

Le livre de Patrick Botter sera disponible en édition de collection, numérotée, imprimée sur un papier 170 g, avec une couverture pelliculée mate 350 g.

Format 15 x 21 cm. 64 pages. 25 photographies.

L'édition de collection est imprimée en France et envoyée par nos soins dans un très beau papier de soie bleu cacheté. Si cette édition de collection rencontre le succès, elle nous permettra ensuite de diffuser le livre en librairie (diffusion Dilicom). L'ouvrage sera imprimé en Allemagne sur un papier semi-mat 120 g avec une couverture pelliculée mate 250 g. Le prix de l’ouvrage en librairie sera le même que l'ouvrage de collection.

Afin de nous permettre d'imprimer le plus grand nombre d'exemplaires en édition de collection, nous vous proposons des lots composés du livre et de tirages de photographies extraites du livre. Acquérir le livre en édition limitée, c’est acquérir un objet unique faisant lien avec l'autrice.

PRÉACHETER / VOIR  LE LIVR

Rares sont les travaux dont les photographies se complètent tout en étant à ce point « entières » et abouties. Elles peuvent se suivre à l’évidence du récit d’une page à l’autre, mais ne peuvent se répondre en miroir. Le constat dit de lui-même l’intensité et la richesse que possède chaque mise en scène réalisée par Patrick Botter. 

Certains verront dans cette dystopique « Arche de Noé », le résultat de nos errances. D’autres y percevront la trace d’une fin de monde ou celle d’un énigmatique sauveur. Peu importe, ce bestiaire moderne intrigue, rend curieux, questionne au-delà de l’image.

L’éditeur

PORTRAITS DE FAMILLE (EXTRAIT)

L'INTERVIEW DE PATRICK BOTTER

Comment êtes-vous venu à la photographie ?

Je ne suis pas venu à la photographie. C’est elle qui est venue à moi. Je devais avoir 14 ans, un de mes oncles, photographe amateur, m’a donné un de ses appareils, un Olympus 35 mm demi-format (je l’ai toujours). À cette époque, j’ai été immédiatement fasciné par l’approche technique de la photographie et l’indépendance qu’elle m’octroyait : la liberté de choisir son sujet, comment cadrer, restituer ce que je voyais, comment développer un négatif, comment agrandir et produire un tirage papier. J’étais un adolescent timide, introverti, et le fait de tenir ce média me permettait de m’extérioriser tout en restant à une distance acceptable des autres et en conservant une position d’observateur. Grâce à ce petit boîtier, je mettais une frontière entre le monde et moi et pouvais essayer de le comprendre.

 

Que vous apporte-t-elle ?

Je viens en partie de le dire, me conférer une place à distance de ce monde qui m’entoure et peut m’effrayer. Un moyen d’expression artistique, en en maîtrisant la technique (je ne sais ni dessiner, ni peindre, ni sculpter…), je peux exprimer mes émotions telles que je les ressens, porter au regard de l’autre ma vision, sans pour autant avoir besoin de me justifier. Lorsque je suis dans mon studio à préparer une scène, mon cerveau est focalisé uniquement sur le rendu que j’ai imaginé. Je n’atteins cette plénitude dans aucune autre circonstance. Maîtriser la composition d’une photographie me permet de maîtriser chacune de mes émotions, de les décortiquer, les embrasser, les exprimer en un seul lieu, sur un support unique. Ce temps long de préparation qui finira par une seconde ou deux de prise de vue (je travaille aujourd’hui en vitesses longues) m’est salutaire. Je suis à ma place lorsque je photographie.

 

Pourquoi le choix du noir et blanc dans votre travail ?

Au départ, c’est un choix économique. J’ai appris la technique du développement argentique avec un petit guide « Marabout ». Développer un noir et blanc était peu couteux, mon premier agrandisseur était un projecteur diapositives que j’avais récupéré et transformé. J’ai fini par essayer la couleur pour me rendre compte que je tenais dans le noir et blanc une force artistique inégalable. Le noir et blanc ne tolère aucune approximation. Photographier en noir et blanc (en argentique seulement) c’est capter toute la lumière du sujet (le blanc), en exprimer toute la profondeur (le noir) et ses nuances (les gris). Et puis, le noir et blanc est en parfait accord avec ma vision du monde.

 

Cette série est un récit, comment vous en est venue l’idée ?

Le « réchauffement climatique » me touche profondément. Le mot même « réchauffement climatique » est loin de décrire l’ampleur des bouleversements qui sont en cours et vont s’accélérer. Sûrement une expression choisie pour ne pas faire peur. Pour ne pas dire qu’au bout du chemin il y a l’extinction, c’est-à-dire rien, le néant. J’ai réalisé une première série de vanité sur ce thème. Je voulais aller au-delà et tracer mon émotion face aux « je sais mais je ne veux pas voir », aux « je vais trier mes déchets et la planète sera sauvée », aux « la technologie nous sauvera ». L’idée des photographies miroirs m’est venue assez vite. Pouvoir poser mon regard sur ce que nous sommes réellement aujourd’hui : des êtres dépassés, incapables du moindre changement, à la pensée individualiste ne pouvant même plus envisager cette question comme sociale. J’ai donc choisi le contrepied en montrant des êtres mi-humains, mi-animaux que nombre de personnes trouveront obsolètes, risibles : un miroir reformant. Bien entendu, comme dans mes autres séries, des émotions, réflexions, viennent s’y greffer : la liberté, la notion de famille, notre capacité à être nous-même, l’empathie, la croyance, la mort. J’ai choisi d’utiliser des mannequins pour plusieurs raisons : j’avais une maîtrise totale de leur attitude dans chaque scène et, comme je l’ai déjà dit, j’ai beaucoup de mal à m’approcher d’un sujet « vivant ». Comble de bonheur, ils étaient disponibles 24 heures sur 24, sans jamais poser la moindre question.

 

Diriez-vous de votre travail qu’il est engagé ? Pourquoi ?

Toute démarche artistique est un engagement. Je n’échappe pas à cette approche. Si je veux remuer un peu les consciences ? Oui, bien sûr. D’ailleurs, c’est une des raisons pour lesquelles je montre désormais mes photographies. Lors d’une exposition, une personne m’a avoué que certaines de mes mises en scène la mettait très mal à l’aise. Intérieurement j’ai jubilé. J’avais réveillé une conscience. Voilà ce que je recherche au travers de ma démarche. Le premier pas de l’engagement est de susciter le questionnement, faire sortir de la léthargie ambiante. Les solutions, je ne les ai pas. C’est collectivement et individuellement engagés que nous les trouverons. Mais si, avec mes photographies, je peux allumer la petite flamme de certains, nous aurons collectivement un peu avancé.  

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