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Je suis arrivé à la photographie en autodidacte. Entre 1993 et 1998, j’ai commencé en exploitant le portrait avec un jeune et même modèle. J’avais 43 ans quand notre relation a débuté. À cette époque, je tenais à montrer aux autres sa beauté trouble d’androgyne dont j’étais amoureux. Quand nous nous sommes quittés, je n’ai plus travaillé avec aucun autre modèle, car il n’y avait plus personne dans ma vie à aimer autant. 

 

Depuis, je suis devenu mon propre modèle et je me suis passionné pour l’autoportrait. Je commence avec cette confidence pour exprimer que ma photographie est autobiographique et teintée d’une certaine aura de mystère que je développe en me déformant et transformant constamment jusqu’au travestissement. Ceci dit, il y a dans ma démarche un rapport intense avec le jeu du comédien et la théâtralité : vous comprendrez que j’adore l’oeuvre de Cindy Sherman. 

 

Dans la perspective de la narration visuelle, je dévoile dans mes autoportraits des parts de ma vie mais je sais maintenir une distance entre ce que j’énonce et ma réalité biographique. Il y a donc beaucoup de vérités extrapolées dans mes oeuvres et ceci est indissociable des titres qui les accompagnent, titres, grâce auxquels, j’aime à penser où définir mon travail comme une « photographie littéraire ». Autre aspect non négligeable, ces titres me permettent d’injecter du pathos dans la représentation.  Ceci dit, j’avoue que ma photographie abode de front des problématiques socio-politiques telles que les questions d’identités sexuelles et de genres, une critique de la masculinité telle que véhiculée par les idées dominantes, la folie, et la religion, toutes ces références contribuant à faire de mon imagerie un lieu de sens le plus souvent dérangeant.

COUV W Ludovic Le Guyader_NATURES URBAIN

NIEPCEBOOK N°13

ARCHITECTURE & POLAROID

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Disponible en édition particpative jusqu'au 02 mars

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