UN RÊVE FONCTIONNE SANS PRÉAVIS

Hervé Hubert

Un rêve fonctionne sans préavis. Une grève est l’expression d’un désir insatisfait. Ce désir est un désir décidé par le besoin. Un rêve est l’expression d’un vœu, un Wunsch ! À vos souhaits ! Freud le rattache à l’enfance, au désir sexuel de l’enfance : un désir sexuel infantile insatisfait et inconscient. Une grève est un fait social le plus souvent collectif mais qui peut être aussi d’apparence individuelle, telle la grève de la faim, du besoin de la faim et de la vie : il faut manger pour vivre. La grève est refus de travail alors que le rêve lui travaille comme un fou pour déguiser, masquer ses personnages. Le désir y court comme un furet pour faire fonctionner des valeurs en contrebande. La grève voudrait faire cesser la duperie sociale et sa contrebande.

Rêve de grève générale espèrent encore ceux qui voient la guerre venir. Grève des rêves répondent les plus radicaux.

Ces formes d’opposition mises en série pourraient être multipliées et interprétées comme la mise en scène de la fameuse opposition entre l’individuel et le collectif, même si les entrelacs font passages.

Mais nous en avons soupé des Rêvolutions fussent-elles fusiblement surréalistes. Antonin Artaud est là pour m’artoïser que s’il y a quelque chose de furtif qui persécute, « l’art a pour devoir social de donner issue aux angoisses de son époque ».

Le point central est en effet l’angoisse sociale à laquelle les pulsions sociales font écho. L’heure artistique alors n’est plus aux leurres des jeux de mots psychanalytico-surréalistes mais à tenir compte du transfert social fétichiste da